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La quête spirituelle de l’Imam Abu Hamîd al-Ghazaliyy

 

 

al-ghazali-spirituel

 

 

BismiLlâhi ar-Rahmani ar-Rahim,

L’Imam Abu Hamîd al-Ghazaliyy رحمه الله fut très certainement l’homme le plus savant de son époque. Il est celui qui fut qualifié par l’Imam Ibn ‘Asākir رحمه الله de revivificateur de la religion du 5e siècle et qui aujourd’hui encore est surnommé Hujjut al-Islam (l’argument de l’Islam). Les grands savants du Fiqh, de la ‘Aqida, du Tafsir venaient de partout pour apprendre auprès de lui. Il était d’ailleurs à ce titre le responsable de la grande université Islamique Nizamuddin à Bagdad. Cependant, malgré son impressionnante érudition scientifique, au fil du temps, il se rendit compte que malgré toute sa science, il n’avait réussi à atteindre ni la proximité d’Allâh, ni celle de Son Messager ﷺ.

Il décida donc d’aller faire le tour des plus grands savants qu’il côtoyait à l’époque.

Il commença par les savants du Tafsir : « Vous êtes les sommités dans cette science, pouvez-vous m’aider à me rapprocher d’Allâh ? » Ils répondirent : « Tu peux nous demander à propos de n’importe quel verset du Qour’an, on peut en parler pendant dix années, mais on ne peut pas t’emmener à Allâh »Il se rendit ensuite auprès des savants du Hadith : « Vous êtes les sommités dans cette science, pouvez-vous m’aider à me rapprocher de Rassoul Allâh ﷺ? » Ils répondirent : « On ne peut que te rapprocher du Hadith, on peut t’enseigner les paroles du Prophète, mais on ne peut pas t’emmener au Prophète lui-même »Il alla donc voir les Fuqahas, les spécialistes de la Loi Divine : « Je veux atteindre Allâh et Son Messager ﷺ? Que pouvez-vous faire pour moi ? » Ils répondirent : « On peut t’expliquer les règles, comment faire le wudhu, le ghusl, le halal, le haram, on connait les Commandements d’Allâh, mais on ne peut pas t’emmener à Allâh. » Il se rendit alors chez les ‘Ulamas de la ‘Aqida, spécialistes de la Croyance : « Vous êtes les sommités dans la Croyance, emmenez-moi à Allâh et à Son Messager ﷺ. » Ils répondirent : « On sait beaucoup de choses concernant Allâh, mais nous ne sommes pas capables de t’emmener à Lui ».

L’Imam Al-Ghazaliyy était dépité, lui, le plus grand savant de son temps était incapable de se rapprocher d’Allâh et les autres shuyukhs spécialistes des sciences Islamiques ne pouvaient rien pour lui non plus.

« Auprès de qui vais-je pouvoir chercher la guidée ? Si je meurs, que va-t-il m’arriver ? »

Il fut tellement éprouvé par cela qu’il ne put plus parler. Il traversa une longue période de dépression et d’incertitude profondes. Il décida alors de quitter ses fonctions, s’isola et commença a étudier et à analyser durant deux années (certains ont dit dix années), les différents groupes et pensées et ce de jour, comme de nuit. Au bout de ces années d’étude, il déclara :

« J’en suis venu à la conclusion que la vérité est avec les Soufis et avec les Awliyas qui sont illuminés et qui prennent directement la guidée du Nur de Saydinna Rassul Allâh ﷺ. »

« Je sais de manière certaine, » écrivit-il, « que seuls les (vrais) Soufis marchent dans la voie d’Allâh Ta’ala, que leur manière de vivre est la meilleure, que leur chemin est le plus pur chemin et que leurs vertus sont les plus pures vertus. »

Après cela, il quitta l’Irak et partit en quête d’un Maître spirituel qui puisse l’aider à atteindre Allâh et Son Messager ﷺ. Il le trouva et suivit ses enseignements avec assiduité, jusqu’à atteindre ce qu’il était venu chercher.

Qu’Allâh lui fasse miséricorde, lui accorde ses meilleures récompenses et qu’Il l’honore au Jour du Jugement Dernier.

Wa Allâhu a’alam

 

Les Revivificateurs des Cinq Premiers Siècles

 

Par l’imam Al-Hafidh Ibn ‘Asakir

 

 

revivificateur

 

 

L’Imām Abū Dāwūd (rahimahuLlāh) rapporte dans ses Sunnans avec une chaîne authentique que RassūluLlāh (sallAllāhu ‘alayhi wasallam) a dit :

« Certes, Allâh enverra un revivificateur de la religion (al mujaddid) auprès de cette communauté (al Ummah), et ceci, à l’avènement de chaque siècle. » [1]

Al-Khatīb al-Baghdādī a rapporté avec sa chaîne remontant à l’Imam Ahmad la signification du terme ‘revivificateur’ : « C’est celui qui va leur enseigner les Sunnahs et réfutera le mensonge de la [religion] du Messager d’Allâh (sallAllāhu ‘alayhi wasallam). » L’imam Ahmad a ensuite déclaré que, après réflexion, il a estimé que le rénovateur du premier siècle est ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz (radhia Allâhou ‘anhou) et le rénovateur du deuxième siècle est l’Imām ash-Shāfi‘ī. [2]

L’Imam Ibn ‘Asākir (499-571H), le plus grand Hāfiz du hadith de son époque et auteur du monumental Tārīkh Dimashq, a déclaré :

« J’ai entendu Sheykh Imām Abu l-Hasan ‘Alī ibn al-Muslim ibn Muhammad ibn ‘Alī ibn al-Fath ibn ‘Alī al-Sulamī (440 – 533 H) [3] sur sa chaire dans la mosquée de Damas dire après avoir mentionné ce hadith d’Abū ‘Alqamah [sur l’envoi d’un revivificateur à la fin de chaque siècle] :

« Ce fut ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz (63-101 H) à la fin du premier siècle; Muhammad ibn Idrīs ash-Shāfi‘ī  (150-204 H) à la fin du deuxième siècle; [Abu l-Hasan] al-Ash‘arī (260-324 H) à la fin du troisième siècle; Ibn al-Bāqillānī (328-403 H) [4] à la fin du quatrième siècle; et Amīr al-Mu’minīn al-Mustarshid Billāh (486-529 H) à la fin du cinquième siècle. » [5]

Ibn ‘Asākir dit alors à propos de l’avis de Sheykh Abu l-Hasan al-Sulamī’s concernant le rénovateur du cinquième siècle : « Selon moi, à la fin du cinquième siècle, ce fut Abū Hāmid Muhammad ibn Muhammad ibn Muhammad al-Ghazālī al-Tūsī al-Faqīh (450-505 H), parce qu’il était un savant actif, un juriste vertueux, un théoricien accompli et un écrivain intelligent. Sa réputation dans la science s’est répandue dans les horizons, et il a éclipsé ses contemporains au Ḵhurāsān, au Shām et en ‘Irāq. »

Après avoir mentionné que certains considéraient Abu l-‘Abbās ibn Surayj comme étant le rénovateur du troisième siècle, il a dit : « Le point de vue de ceux qui ont déclaré qu’il s’agissait d’Abu l-Hasan al-Ash‘arī est plus correct, parce que son effort pour soutenir la Sunnah est plus proche de la revivification de la religion, car il est celui qui a entrepris de réfuter les Mu’tazilah et tous les groupes d’hérétiques déviants, et cela est connu chez lui, et ses livres pour les réfuter sont très répandus. » [6]

Par conséquent, selon Hafiz Ibn ‘Asakir, les revivicateurs qui ont ravivé les vrais enseignements de l’Islam et qui l’ont défendu du faux dans les cinq premiers siècles, sont : ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz, ash-Shāfi‘ī, Abu l-Hasan al-Ash‘arī, Ibn al-Bāqillānī et al-Ghazālī – Qu’Allâh soit satisfait d’eux tous -.

 

Notes :

[1] D’après Sayyidunâ Abû Hurayrah (radhia Allâhou ‘anhou), hadîth hassan (bon), rapporté par l’Imâm Abû Dâwud As-Sijistânî (rahimahuLlâh).

[2] Tārīkh Baghdād, 2:400

[3] Il était un mufti Shāfi’ī du Shām, un étudiant de Qādī Abu l-Muzaffar al-Marwazī. L’Imam al-Ghazali a dit de lui : « J’ai quitté un jeune homme au Shām. S’il vit, il jouira de l’éminence. » Ad-Dhahabī a déclaré : « Ce fut comme il l’avait prédit. » Il prit le poste d’enseignant d’al-Ghazali après lui. Al- Hāfiz Ibn ‘Asākir a dit : « J’ai beaucoup entendu parler de lui, et il était ferme et digne de confiance, savant dans la madhhab [Shāfi’ī] et les lois relatives à l’héritage… Les habitants du Shām avaient recours à sa fatāwā, et il visitait souvent les malades et assistait aux funérailles, et il était constant dans l’enseignement et doté de belles manières … » [Siyar Alām al-Nubalā, 20:32]

[4] Lire ici la biographie de l’imam Ibn al-Bāqillānī

[5] Dans son commentaire de ce Hadith, le grand savant Shah Walîy Allâh Ad-Dahlawî (rahimahuLlâh) donne la liste suivante :

1er siècle :  ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz ;
2ème siècle: l’Imâm Ash Shâfi’î ;
3ème siècle : Abul Hasan Al-Ash’arî ;
4ème siècle : Al Hakîm, Al-Bayhaqî (et ses semblables) et Abû Hâmid Al-Isfarâyînî (et ses semblables) ;
5ème siècle : l’Imâm Al-Ghazâlî ;
6ème siècle : l’Imâm Fakhr ud-Dîn Ar-Râzî et l’Imâm An-Nawawî.

[Réf : Izâlat al-Khafâ ‘An-Khilâfat Il-Khulafâ]

[6] Tabyīn Kadhib al-Muftarī

L’union du sens apparent et du sens caché

 

Imam Abu Hamid al-Ghazâlî [1]

 
 
sens caché
 
 

En entendant la parole de l’Envoyé d’Allâh (salallahou ‘alayhi wassalaam) :

« Les Anges n’entrent pas dans une maison où il y a un chien » [2]

1/ L’un gardera son chien chez lui, en prétendant qu’il ne faut pas l’entendre à la lettre. Selon lui, cela signifie qu’il faut évacuer, de la « demeure du cœur » le chien de la colère, qui interdit l’entrée de la connaissance, lumière angélique, car « la colère dévore la raison ».

2/ L’autre, à la différence du premier, se conformera à la lettre du précepte, et ensuite seulement dira : « Le chien n’est point tel par sa forme concrète, mais par la nature qu’il incarne, c’est-à-dire sa férocité et sa voracité. Et s’il faut protéger la maison, qui est la résidence de la personne corporelle, contre le chien sous sa forme concrète, à plus forte raison convient-il de protéger la demeure du cœur, où réside la substance véritable propre à l’homme, contre les défauts qu’incarne le chien : je vais donc, moi, me conformer à la fois à la lettre et à l’esprit du précepte ».

Voilà l’homme parfait, celui dont on dit :  « L’homme parfait est celui chez qui la lumière de la connaissance n’éteint pas celle de la piété scrupuleuse. »

C’est pourquoi on ne le verra pas se permettre de négliger la moindre des limites tracées par la Loi, malgré la perfection de sa connaissance intérieure. C’est pourtant l’erreur commise par certains de ceux qui ont suivi la voie spirituelle, et qui sont tombés dans l’antinomisme (ibûha) [3], abandonnant une fois pour toutes la lettre des prescriptions légales. C’est ainsi qu’il y en a qui ne font plus la Prière rituelle, sous prétexte qu’au fond d’eux-mêmes ils sont toujours en prière. C’est une erreur d’un autre genre encore, quand les plus stupides des antinomistes se complaisent dans des charlataneries telles que : « Dieu se passe de nos œuvres » ou « L’intérieur de l’homme est plein de choses immondes dont il est impossible de le purifier », selon l’un d’eux, qui soutenait que, pour que l’ordre d’extirper la colère et la concupiscence ait un objet, il ne fallait donc pas chercher à les éliminer. Tout ceci n’est que sornettes!

 

Notes :

[1] Tiré de Michkât al-Anwâr de l’Imam al-Ghazâlî.
[2] Dans le Sahih de Boukhari, tome 4, chapitre 59, p. 138
[3] Doctrine qui enseigne, au nom de la suprématie de la Grâce, l’indifférence à l’égard de la Loi.

 

Ceux qui critiquent l’Imam Al-Ghazali

Par Sheykh Gibril Fouad Haddad

 

Al-Ghazaly

 

Bismillâh ar-Rahman ar-Rahim,
Was-salat was-salam `alaa Rasul-illâh wa ‘alaa alihi wa sahbihi wa sallam.

Les « Salafis » contemporains ont ravivé un trait particulièrement grave de certains opposants du passé, consistant à attaquer l’Imam Ghazali (rahimhou Allâh) et à dénigrer ceux qui lisent ses œuvres et qui les citent pour illustrer leurs opinions. Cela concerne en particulier son ouvrage majeur Ihya ‘Ulum ad-Din, car c’est une référence du tasawwuf et dont l’immense succès et le nombre important de lecteurs irrite particulièrement les ennemis du tasawwuf. Certains vont jusqu’à prétendre qu’Al-Ghazali était fou quand il l’a écrit, d’autres interprètent de manière erronée le fait qu’Al-Ghazali ait lu l’Imam Bukhari  sur son lit de mort et traduise cela comme un reniement du tasawwuf, d’autres encore mentionnent les condamnations du livre faites par une poignée de savants connus pour leur tendance anti-soufi. Pourtant, Allâh a permis à ce livre de surpasser la clameur de ses quelques détracteurs, et ses traductions ne cessent d’augmenter en nombre et en qualité. Ce qui suit est destiné à fournir aux lecteurs des références fiables concernant sa vie et ses travaux de façon à nous protéger, avec l’aide d’Allâh, contre les calomnies de l’ignorance et de l’envie.

Salah ad-Din al-Safadi (d. 764), élève d’Abu Hayyan al-Andalusi, rapporte dans son grand dictionnaire biographique intitulé al-Wafi contenant plus de 14.000 biographies :

« Muhammad b. Muhammad b. Muhammad b. Ahmad, la Preuve de l’Islam, l’Ornement de la Foi, Abou Hamid al-Tusi (al-Ghazali), le juriste Shafé’i, était dans ses dernières années, sans égal ».

En 488, il renonça à la totalité de ses biens terrestres (et à son poste de professeur à la Nizamiyya, où il avait enseigné depuis 484) pour s’engager dans la voie du renoncement et de la solitude. Il fit le Pèlerinage et à son retour, se dirigea vers la Syrie, dans la ville de Damas où il demeura un certain temps, donnant des enseignements à la mosquée thébaïde (zawiyat al-jami`) qui porte maintenant son nom dans le quartier ouest. Il voyagea ensuite à Jérusalem, s’employant assidument à l’adoration et à la visite des lieux Saints. Il se rendit ensuite en Égypte, restant un bon moment à Alexandrie …

Il retourna ensuite dans sa ville natale de Tus (peu avant 492). Sur place, il rédigea un certain nombre de livres importants [parmi lesquels l’Ihya’] avant de retourner à Nishapur où il devait donner des leçons à la Nizamiyya (499). Par la suite, il prit la décision d’arrêter et se retourna dans sa ville natale où il assuma la direction d’une zawiya (khaniqah) pour Soufis et d’une université voisine, dans le but d’aider ceux qui recherchaient l’acquisition de la connaissance. Il avait pour habitude de dépenser son temps dans les nobles actions comme la lecture du Coran et les enseignements dédiés aux Gens de Cœur (les Soufis) …

Ce livre figure parmi les ouvrages les plus nobles et les plus importants, dans la mesure ou il a été dit à son sujet : « Si tous les livres sur l’Islam étaient perdus excepté l’Ihya’, il suffirait à les remplacer … ». Ils l’ont critiqué pour y avoir inclus des hadiths dont l’authenticité n’est pas établie, mais une telle inclusion est permise dans les travaux d’encouragement au bien et de dissuasion au mal (al-targhib wa al-tarhib). Le livre demeure d’une grande valeur. Imam Fakhr ad-Din al-Razi avait l’habitude de dire : « C’était comme si Allâh avait rassemblé toutes les sciences sous un dôme, et les avait montré à Al-Ghazali », ou quelque chose de ce genre. Il rendit l’âme … en 505 à Tabaran … la citadelle de Tus, où il fut enterré. [1]

Les propos exposés ci-dessus réfutent clairement le mensonge de ceux qui disent qu’Al-Ghazali désavoua le tasawwuf vers la fin de sa vie. Voyons le mensonge de ceux qui essaient de séparer le Ghazali d’Usul al-fiqh du Ghazali de tasawwuf. Quand on leur dit que les livres sur la méthodologie et les fondements du droit Islamique écrits par l’Imam Al-Ghazali sont considérés comme des lectures obligatoires dans le domaine – tels Mustasfa, Mankhul ou encore Shifa’ al-ghalil – ils disent qu’il les rédigea avant sa période de retraite (spirituelle) au cours de laquelle il adopta le tasawwuf. En réalité, la partie la plus importante et la plus détaillée des quatre livres qu’il a écrit à propos des Usul al-fiqh (Fondements du droit) fut composée dans la dernière période de sa vie comme l’a stipulé le Dr Taha al-`Alwani dans son livre Usul al-fiqh al-islami :

« La Source de la Méthodologie de l’Encyclopédie de Shari’a de l’Imam Al-Ghazali, son quatrième livre sur le sujet, et son dernier texte, fut al-Mustasfa, qui a été imprimé plusieurs fois en Égypte et ailleurs. En effet, c’est le travail qu’il a écrit après être sorti de sa période de méditation et de réclusion [2] ».

Voici ce qui est dit à propos d’Al-Ghazali dans ‘Umdat al-Salik [3] :

A Damas, il vécut en retraite (spirituelle) pendant environ une dizaine d’années, engagé dans la lutte spirituelle et le souvenir d’Allâh. A la fin de celle-ci, il émergea pour réaliser sa pièce maîtresse ‘Ihya ‘Ulum ad-Din [Revivification des Sciences Religieuses], un classique parmi les livres des Musulmans sur l’intériorisation de la crainte révérencielle (taqwa) que l’on doit avoir dans sa relation avec Allâh. Le livre parle également de l’illumination de l’âme à travers l’obéissance qui est due à Allâh et des niveaux de réalisations que peuvent acquérir les croyants. L’ouvrage démontre à quel point l’Imam Al-Ghazali réalisa personnellement avec profondeur ce à propos de quoi il écrivait. On y constate son traitement magistral de centaines de questions traitant de la vie intérieure ; questions qui n’avaient alors été discutées ou résolues par  personne d’autre. Il s’agit là d’une performance exceptionnelle qui montre l’intellect bien discipliné de son auteur et sa profonde connaissance de la psychologie humaine. Il a également écrit près de deux cents autres ouvrages sur : les sciences politiques, la Loi Sacrée, les réfutations des philosophes, des principes de la Foi, le Soufisme, l’exégèse Coranique, la théologie scolastique, et les bases de la jurisprudence islamique [4].

Qu’en est-il de la critique faite par certains savants à propos d’Al-Ghazali? Le plus virulent, Ibn al-Jawzi – détracteur des Soufis – rejette l’Ihya’ dans quatre de ses œuvres : I`lam al-ahya’ bi aghlat al-Ihya’ (Informer le vivant des erreurs de l’Ihya’ ), Talbis Iblis, Kitab al-qussas [5], et enfin al-Muntazam fi tarikh al-muluk wal-umam [6]. Son point de vue influença Ibn Taymiyya et son élève ad-Dhahabi. Leur position à pour origine l’utilisation faite par Al-Ghazali de hadiths faibles dont la liste est fournie par Taj ud-Din al-Subki dans son Tabaqat. Leur critique est-elle justifiée ou exagérée? La seconde réponse très probablement, compte tenu du fait que les deux hafidh : al-`Iraki  (d. 806) et al-Zabidi (d. 1205), ont certifiés chacun des hadiths présents dans l’Ihya et qu’ils n’ont jamais remis en question son utilité dans l’ensemble. Plutôt, ils ont accepté son rang très élevé parmi les Musulmans et ont contribué à son embellissement et à sa propagation en tant que manuel favorisant le progrès spirituel. Comme as-Subki le souligna [7], l’Imam al-Ghazali n’a jamais excellé dans le domaine du hadith [8].

Plus important encore, la majorité des maîtres du hadith soutiennent qu’il est permis d’utiliser des hadiths faibles dans les domaines autres que la dérivation des décisions juridiques, comme (par exemple) dans l’encouragement au bien et dans la dissuasion du mal (al-targhib wa al-tarhib). Ceci a été confirmé par d’innombrables maîtres du hadith et par d’autres savants, comme al-Safadi lui-même [9]. Il faut comprendre qu’Al-Ghazali incorpora tous les éléments qu’il jugea utiles à ses fins didactiques sur les bases du contenu plutôt que sur l’origine ou la chaîne de transmission. La majeure partie de l’Ihya’ est constituée de citations du Coran, de hadith et de paroles qui ne sont pas d’Al-Ghazali. Sa prose propre ne dépasse pas 35% de l’ouvrage [10] et la plupart des nombreux hadiths cités sont authentiques.

En conclusion, comme al-Safadi nous disons que l’Ihya’ se classe comme une œuvre de targhib ou d’éthique (préoccupations principales du tasawwuf). Selon la majorité des savants, l’écriture de telles œuvres ne nécessite pas des critères d’authenticité des sources aussi rigoureux que pour les œuvres qui traitent de la ‘Aqida et du Fiqh, comme le montre la partie suivante.

Vouloir placer les ouvrages de tasawwuf au niveau de ce type de travaux revient à blâmer les pommes de ne pas être des oranges. En conséquence, comme al-Safadi l’a correctement indiqué, la critique de l’Ihya`Ulum al-din faite par certains sur la base des hadiths faibles qu’ils contiennent ne tient pas, tout comme les critiques semblables d’ouvrages similaires, comme par exemple la critique d’Ad-Dhahabi du Qut al-qulub d’Abu Talik al-Makki, ou d’autres.

Ceux qui se cramponnent à de telles critiques, tout en ignorant l’approbation massive des savants Musulmans à propos du tasawwuf et de ses livres, s’accrochent à leurs propres préjugés plutôt qu’à la Science. Notre conseil à ces frères est le suivant : Nous vous rappelons la recommandation donnée par Ad-Dhahabi dans son compte-rendu biographique sur Ibn all-Farid dans Mizan al-i`tidal : « Ne vous empressez pas de juger, au contraire, gardez la meilleure opinion des soufis »; [11] ainsi que les conseils donnés par l’Imam Ghazali dans al-Munqidh min al-dalal : « Ayez de bonnes pensées (envers les Soufis) et ne nourrissez pas de doutes dans vos cœurs »; [12] ainsi que la fatwa d’Ibn Hajar al-Haytami concernant les critiques faites contre ceux qui respectent le tasawwuf et croient aux awliya’ : « Les mauvaises pensées à leur sujet (les Soufis) est la mort du cœur » [13].

Prenez le grand bien se trouvant dans chacun des travaux des Soufis de la manière appropriée, respectez les maîtres du Tasawwuf, ce qui est la moindre des choses à propos de ceux qui vous surpassent de très loin dans la connaissance, ne cherchez pas les divergences des savants, et accrochez-vous à l’humilité et au respect devant ceux qui parlent d’Allâh, de Qui vient tout succès.

Notes :

[1] Salah al-Din Khalil ibn Aybak al-Safadi, al-Wafi bi al-wafayat (Wiesbaden, 1962-1984) 1:274-277 (#176).

[2] Taha Jaber al-`Alwani, Usul al-fiqh al-islami:: La Méthodologie des origines dans la Jurisprudence Islamique. ed. Yusuf Talal DeLorenzo (Herndon, VA: IIIT, 1411/1990) p. 50

[3] ‘Umdat al-Salik est un livre de fiqh Shafé’ite écrit par de Sheykh Ahmad ibn Naqib al-Misri. L’ouvrage existe en anglais sous le nom « Reliance of the Traveller », il a été traduit et commenté par le Sheykh Nuh Ha Mim Keller.

[4] Reliance of the Traveller p. 1048
[5] Ibn al-Jawzi, Kitab al-qussas wa al-mudhakkirin p. 201.
[6] Ibn al-Jawzi, al-Muntazam 9:169.
[7] Taqi al-Din al-Subki, Tabaqat al-Shafi `iyya 4:179-182.

[8] L’Imam al-Ghazali excella dans toutes les sciences Islamiques sur lesquels il se pencha au point de devenir une référence incontournable dans chacune d’entre elles. Cependant, il n’eut pas le temps de parfaire son apprentissage de la science du hadith au point d’en devenir un maitre. Cela dit, il ne faut pas minimiser la bonne maitrise du hadith qu’en avait l’Imam al-Ghazaly. Certains rapportent qu’il en connaissait par cœur près de 500 000, cependant al-Ghazaly n’avait pas suffisamment de bagage dans cette science pour pouvoir discuter de leur statut. Il se referait alors naturellement aux Imams qui excellaient dans le hadith.

[9] Voir al-Hakim, al-madkhal li `ilm al-hadith (début), al- Bayhaqi Dala’il al-nubuwwa (introduction), Nawawi, al-Tibyan fi `ulum al-qur’an p. 17. Ce dernier déclare : « Les savants sont d’accord sur la légitimité de l’utilisation de hadiths faibles dans le domaine des ouvrages traitant de la vertue ». » Al-Sakhawi exposa l’opinion du consensus scientifique sur cette question dans l’épilogue de son al-Qawl al-badi` fi al-salat `ala al-habib al- shafi` (La doctrine admirable sur l’invocation des bénédictions sur le bien-aimé intercesseur) (Beyrouth : dar al-kutub al-`ilmiyya, 1407/ 1987) p. 245-246.

[10] T.J. Winter, trad. Ang. Ghazali « Souvenir de la mort » (Cambridge : Islamic Texts Society, 1989), Introduction, p. xxix n. 63.

[11] Ad-Dhahabi, Mizan al-i`tidal 3:214
[12] Al-Ghazaly, al-Munqidh min al-dalal (Damas 1956) p. 40
[13] Ibn Hajar al-Haytami, Fatawa hadithiyya (Caire: al-Halabi, 1970) p. 331

La profession de foi des adeptes de la Sunnah

Extrait de ‘Ihya ‘Ulum ed Din
par
Abou Hamid Al-Ghazâlî

 

ghazali

 

 

C’est de croire qu’Allâh est Un, sans associé, singulier sans semblable, incommensurable sans contraire, unique sans égal, éternel sans début, infini sans commencement, existant pour toujours sans finitude, perpétuel sans fin, subsistant par Lui-même sans rupture, impérissable sans discontinuité, Il ne cesse et Il n’a cessé d’être qualifié par les Attributs de la Majesté. Il n’est pas soumis à la discontinuité des durées et à la disparition des temps car Il est le Premier et le Dernier, le Manifeste et le Latent.Il n’est ni un corps circonscrit, ni une substance finie et déterminée. Il ne ressemble pas au corps ni en matière de détermination ni en matière de soumission à la division. Il n’est pas une substance et les substances ne s’incarnent pas en Lui. Il n’est pas un accident et les accidents ne s’incarnent pas en Lui. Car Il ne ressemble à aucun existant et aucun existant ne lui ressemble, rien ne Lui est semblable et Il n’est semblable à rien. Il n’est pas délimité par la mesure. Il n’est pas contenu dans l’étendue, Il n’est pas délimité par les directions. Il n’est pas cerné par la terre et les cieux.

Il est établie ( istawa ) sur le trône ( al ‘arch ) selon la modalité qu’Il à indiquée et selon le sens qu’Il a voulu, d’un établisement transcendant le contact, la stabilité, l’effectivité, l’incarnation et le déplacement.

Le trône ne le porte pas, ce sont plutôt le Trône et les Anges qui sont portés et qui sont maintenus par la Bienveillance de Sa Toute Puissance et soumis à Son Pouvoir.

Il est au-dessus du Trône et au-dessus de tout jusqu’à l’infini d’une transcendance qui ne le rapproche ni du Trône ni du ciel et qui ne l’éloigne ni de la terre ni de ses profondeurs. Il est celui qui possède les degrés sublimes par rapport au Trône et à la terre, et malgré tout cela Il est proche de tout existant, Il est plus proche des serviteurs que leurs veines jugulaires et Il est témoin sur toute chose car Sa proximité ne ressemble pas à l’essence des corps. Il ne s’incarne en aucune chose et aucune chose ne s’incarne en Lui, son Exaltation interdit qu’Il soit contenu dans un espace et Sa transcendance interdit qu’Il soit délimité par un temps car Il était avant qu’il crée l’espace et le temps et Il est maintenant comme Il était ; Il est Manifeste par rapport à Ses créatures par Ses Attributs, il n’y a rien d’autre que Lui dans Son Essence et Son Essence n’est pas dans autrui, Sa transcendance interdit qu’Il s’expose aux accidentes du changement et de la génération, Il n’est pas soumis aux contingences et aux accidentes car Il ne cesse par les Attributs de la Perfection de se passer de tout parachèvement de la perfection. De par Son Essence, Son Existence est connue par les entendements et appréhendée par le discernement, par bienfait de Sa part en faveur des justes dans la Demeure du séjour éternel et par parachèvement de Sa part des béatitudes qui procure la vision de Sa face Auguste.

Les Attributs de la vue et de la puissance :

Il est vivant, Puissant, Dominateur, Contraignant, non soumis à la déficience et à l’impuissance, à l’assoupissement et au sommeil, à l’extérieur et à la mort. Il est le Maitre du royaume, de la Gloire et de la Toute-Puissancce. Le pouvoir et la Domination, la Création et l’Ordre Lui appartiennent en propre et les cieux sont pliés dans Sa droite. Il est le seul Créateur et Concepteur, l’Unique Existenciateur et Façonneur. Il a crée les créatures ainsi que leurs œuvres. Il a déterminé leurs subsistances et les termes de leurs vies. Déterminations sont innombrables et Ses connaissances sont infinies.

La science :

Il sait toutes les connaissances. Sa science embrasse tout ce qui se passe depuis les profondeurs de la terre jusqu’aux cieux les plus élevés et rien n’échappe à Sa science, même pas le poids d’un grain de moutarde dans la terre et dans le ciel. Il connaît même le déplacement de la fourmi noire sur la pierre lisse au cours de la nuit sombre. Il perçoit le mouvement des corpuscules de poussière dans l’atmosphère, Il connaît le secret et ce qui est plus subtil encore, Il connaît les soucis des consciences, les mouvements des idées qui traversent les esprits et les contours des secrets intimes par une science éternelle par laquelle Il ne cesse d’être qualifié depuis l’éternité des éternités, non par une science qui se renouvelle et qui se réalise dans Son Essence par acquisition.

La volonté :

Il a voulu les êtres créés et il régit tout ce qui existe. Ainsi rien ne se passe dans le monde de la manifestation et dans le monde des anges, qu’il soit important ou insignifiant, grand ou petit, bon ou mauvis, utile ou nuisible, fidélité ou impiété, connaissance ou ignorance, réussite ou échec, accroissement ou diminution, obéissance ou désobéissance, sans qu’il soit par Sa volonté, Son Décret, Son Arrêt, Sa Sagesse et Son Bon vouloir. Rien n’échappe à Son Bon vouloir, nie le regard furtif, ni l’éclair d’une pensée traversant l’esprit. Ce qu’Il veut sera et ce qu’Il ne veut pas ne sera pas. Il est Celui qui Commence la création et qui le recommence, Il fait ce qu’Il veut, rien ne peut récuser Son jugement et rien ne peut s’opposer à Son décret. Le serviteur ne peut échapper à Sa désobéissance que s’il bénéfice de Sa Grâce et de Sa Miséricorde et il n’a pas la force de lui obéir que par la grâce de Son amour et de Sa volonté et Son bon vouloir, ils en seraient incapables. Sa volonté subsiste dans Son Essence avec l’ensemble de Ses Attributs. Il ne cesse d’être qualifié, voulant dans sont éternité l’existence des choses au moment qu’Il a déterminé et elles sont existé comme Il les a déterminées et voulues dans Son éternité, sans avancement i retardement. Il a déterminé toutes les choses sans ordonner les idées et épier les temps favorables, voilà pourquoi aucune affaire ne le retient par rapport à une autre.

L’ouïe et la vue :

Il est Audiant et Voyant. Aucune chose étendue n’échappe à Son Ouïe même si elle est subtile ; aucune choses visible n’échappe à Sa vue même si elle est extrêmement fine. Aucune étendue ne voile Son Ouïe et aucunes ténèbres n’empêche Sa vue. Il voit sans pupille ni paupières et entend sans lobes ni oreilles, comme Il sait sans cœur, empoigne sans membre et crée sans organe car Ses qualités ne ressemblent pas à celles des créatures, au même titre que Son essence n’est pas semblable à celles des créatures.

La Parole :

Il parle, ordonne, interdit, promet et menace par une parole éternelle qui subsiste dans Son Essence. Sa Parole ne ressemble pas à celle des créatures. Elle n’est pas un son provoqué par l’infiltration de l’air ou le choc entre corps matériels, ni une lettre articulée par le mouvement des lèvres et de la langue. Le Coran, la Torah, l’Evangile et les Psaumes sont Sa Parole et Ses livres révélés à Ses Messagers. Le Coran est lu par les langues, reproduit dans des textes et gardé dans les cœurs et il est pourtant éternel, subsistant par l’Essence d’Allah sans subir la séparation et la discontinuité en passant dans les cœurs et les feuillets. Moïse a entendu la Parole de d’Allah, sans son ni lettre, au même titre que les justes voient l’Essence de d’Allah sans voir une substance ni un accident. Comme Il possède ces qualités il est vivant, Savant, Puissant, Voulant, Audiant, Voyant, Parlant par la vie, la Science, la Puissance, la Volonté, l’Ouïe, la Vue et le Langage et non par le simple Essence.

Les Actes Divins :

Tout autre existant à part Lui est instauré par Son Agir et il déborde de Sa justice sous le meilleur des rapports, le plus parfait, le plus équitable et le plus impeccable. C’est qu’Il est Sage dans Ses actes et juste dans Ses jugements. Sa justice ne peut pas être comparée à celle des créatures car on imagine que l’injustice puisse émaner du serviteur du fait qu’il gère les possessions d’autrui mais il est inconcevable que l’injustice puisse provenir d’Allah car Il ne rencontre pas des possessions appartenant à autrui pour qu’Il puisse être injuste en les gérant. En effet tout ce qui est autre que Lui, commet les djinns, les humains, les démons, les anges, le ciel, la terre, les animaux, les végétaux, les minéraux, les substances, les accidents le sensible, le perceptible et le contingent, Il l’a conçu par Sa Puissance à partir du néant et l’a produit alors qu’il n’était rien car il existait Seul depuis l’éternité et rien n’était avec Lui. Il a instauré les créatures pour manifester Sa Puissance, pour réaliser ce qui a été décrété d’avance par Sa volonté et pour rendre effective Sa Parole dans l’éternité non parce qu’Il en a besoin ou parce qu’Il en dépend.

Il est le Bienfaiteur par la création, la conception et l’obligation de l’adorer, sans que la moindre nécessité ne s’impose à Lui. Il accorde les faveurs et l’amélioration sans obligation. Et s’Il versait le châtiment comme un liquide sur les créatures, ce serait une justice de Sa part. Il rétribue Ses serviteurs pour leur obéissance par générosité non par obligation et par mérite. Son droit à l’obéissance s’impose par le fait qu’Il l’a rendu obligatoire par la bouche de Ses prophètes, non par la simple raison. Mais Il a envoyé les Messagers et confirmé leur véracité par les miracles éclatants, et ils sont transmit Son Ordre et Ses interdits ainsi que Sa Promesse et sa Menace, et il incombe aux créatures de croire en ce qu’Ils ont apporté.

La signification de la deuxième partie de la deuxième partie de la profession de foi :

Il s’agit du témoignage en faveur de l’Envoyé d’Allah en attestant qu’Allah a envoyé le Prophète, le Messager, l’illettré, le guide, le qurayshite, Muhammad avec son Message, à tous les Arabes, à tous les non-arabes, aux djinns et aux humains, que par Sa Loi Il a abrogé les lois sauf ce qui a été confirmé par la Sienne, qu’Il l’a préféré à tous les prophètes, qu’il a fait de lui le Maître de l’humanité, qu’Il a interdit la perfection de la foi sur la seule base de l’affirmation de l’unicité, à savoir le fait de dire : Il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah, (لآ اله الآ الله) si on ne lui ajoute pas le témoignage en faveur de l’Envoyé d’Allah, (محمد رسول الله) à savoir le fait de dire : Muhammad est l’Envoyé d’Allah. Il a imposé aux créatures de croire en ce qu’il a rapporté sur Lui à propos des questions du bas monde et de la vie future. Il a indiqué qu’Il n’accepte la foi du serviteur tant qu’il ne croit pas à ce qu’Il a rapporté sur l’outre tombe, à commencer par l’interrogatoire des deux anges Munkir et Nakir qui sont deux personnages terribles et effrayants : ils font asseoir le serviteur dans sa tombe avec son corps et son esprit l’interrogent sur le tawhid (affirmation de l’Unicité Divine) et le Message en lui demandant : « qui est ton Seigneur ? Qu’elle est ta religion ? Qui est ton Prophète ? » Ils sont les agents de l’épreuve de la tombe et leur interrogatoire constitue la première épreuve à laquelle on s’expose après la mort.

Le serviteur est tenu également de croire au châtiment de la tombe car c’est une vérité, une sagesse et une justice qui s’imposent au corps et à l’esprit. Il doit croire à la résurrection et au fait qu’Allah revivifie les corps après leur désintégration, comme Il les a crées la premières fois et qu’Il rend au corps sont esprit, tel qu’il tait dans le bas monde avant sa mort et fait de lui une personne semblable à ce qu’elle était. Il doit croire à la balance, à ses deux plateaux, à son aiguille, à la description de leur grandeur qui est comparable aux couches des cieux et de la terre, dans lesquelles les œuvres seront pesées grâce à la Puissance d’Allah , les unités de pois seront constituées ce Jour lé des pièces ayant le poids de grains de poussières et de graines de moutarde pour assurer la perfection de la justice ; les feuillets où sont inscrites les bonnes actions du serviteur seront mis dans le plateau de lumière et ils pèseront lourdement dans la balance en fonction du degré de leur valeur auprès d’Allah et par Sa grâce ; les feuillets des mauvaises actions seront mis dans le plateau sombre et pèseront moins lourd par la grâce de l’équité d’Allah. Il doit croire aussi que l’Heure ultime est vraie et que le sirât est vrai : C’est un pont suspendu au dessus de l’enfer, plus tranchant que l’épée et plus fin que le cheveu, sur lequel glisseront les pas des mécréants qui seront jetés en enfer, tandis que les pas des croyants tiendront fermement, et ils seront conduits au Paradis. Il doit croire au bassin d’eau, le bassin de notre prophète Muhammad où les croyants s’abreuveront avant d’entrer aux Paradis et après avoir traversé le sirât ; sa largeur s’étend sur une distance équivalent à un mois de marche ; son eau est d’une blancheur plus éclatante que le lait et elle est plus douce que le miel.Autour de ce bassin les brocs sont plus nombreux que les étoiles du ciel. Il comporte deux canaux qui l’alimentent par l’eau du fleuve al-Kawthar.

Il doit croire au jugement et à la différenciation des gens à ce sujet : Il y aura celui qui sera soumis à un interrogatoire serré pour rendre les comptes; il y aura celui qui entrera au Paradis sans rendre des comptes, savoir celui qui fait partie des rapprochés. Allah interrogera les musulmans sur leurs œuvres, on doit croire qu’Il fera sortir de l’enfer les croyants qui on affirmé l’Unicité divine après avoir subi la vengeance, jusqu’à ce qu’il n’y reste pas un seul unificateur, par la grâce d’Allâh.

On doit croire à l’intercession des Prophètes, puis à celles des savants, puis à celle des martyrs, puis à celle de l’ensemble des croyants ; chacun d’eux selon sa position auprès d’Allah . Ceux qui resteront parmi les croyants sans intercesseur quitteront l’Enfer par la grâce d’Allah . Même celui qui ne possède que le poids d’un grain de poussière de foi le quittera. Il doit croire au mérite. Ainsi les meilleurs hommes, après l’Envoyé d’Allah sont dans l’ordre : Abû bakr , puis ‘Umar , puis ‘Uthman , puis ‘Alî . Il doit aussi avoir une bonne opinion de tous les Compagnons et les louer, comme Allah les a loués, ainsi que Son Messager. Tout ceci est rapporté par les informations et attesté par les traditions.

Celui qui croit à tout cela fermement fait partie des adeptes de la vérité et des gens de la Sunna et il se sépare des gens égarés.

Nous implorons d’Allâh la perfection de la certitude de la fermeté dans
l’attachement à la foi, pour nous et pour touts les musulmans !

Il est le Plus Miséricordieux des miséricordieux.

De la manière de méditer sur la création de Dieu

Extrait de ‘Ihyâ ‘Ulûm Al-Dîn
par
Abou Hamid Al-Ghazâlî
 

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Sache que tout ce qui est dans l’univers est un acte et une création du Tout-Puissant. Toute parcelle est une merveille qui indique la sagesse, la puissance, la majesté et la grandeur de Dieu que cette parcelle soit une essence, une contingence, un attribut ou une substance. Il est impossible de dénombrer toutes ces merveilles.

Les océans ne représenteraient que le centième de ces merveilles. Nous allons, cependant, en citer quelques-unes à titre d’exemple.

Les êtres se divisent en :

– Ceux dont on ne connaît pas l’origine. Nous ne pouvons y réfléchir. Il y a tant d’êtres que nous ne connaissons pas. Le Seigneur dit: « Il a créé ce que vous ne connaissez pas. »[1] « Gloire à Celui qui créa tout par couple, mâle et femelle; les plantes de la terre, eux-mêmes, et ce dont ils n’ont  pas connaissance. » [2]

Nous pouvons méditer sur le détail de ces créations puisque le Seigneur dit: « Dont on connaît l’origine et la globalité mais dont on ne connaît pas les détails [3] » Elles se divisent en ce que nous percevons par le sens de la vue et en ce que nous percevons par d’autres moyens. Dans cette dernière catégorie sont inclus les anges, les esprits, Satan, le Trône, etc. Il y a des choses dans ce domaine qui peuvent être obscures et difficiles à cornprendre.

Abordons ce qui est plus proche à la compréhension, c’est à dire ce qui est sensible à la vue, les sept cieux, la terre et ce qu’il y a entre eux. Les cieux sont visibles ainsi que les étoiles, le soleil, la lune, leurs mouvements, leur rotation, leur lever et leur coucher. La terre est visible ainsi que les montagnes, les minéraux, les fleuves, les océans, les animaux et les plantes.

Entre ciel et terre, il y a l’air, les nuages, la pluie, la neige, le tonnerre, l’éclair, la foudre, les étoiles filantes, les tempêtes.

Tels sont les corps visibles dans les cieux, sur terre et entre les deux. Chaque corps se divise en catégories et chaque catégorie se divise à son tour en parties. Chaque partie se subdivise ensuite en genres. Il n’y a pas de fin à ces subdivisions ni ‘à leurs caractéristiques, à leur aspect et à leurs significations apparentes ou occultes. Tout cela fait partie du domaine de la méditation.

Aucun atome dans les cieux, sur terre, dans les minéraux, les plantes, les animaux, le globe céleste ou les astres ne se meut sans que Dieu n’en soit le moteur. Dans chaque mouvement, il y a une ou mille significations qui témoignent de l’unicité de Dieu, de Sa majesté et de Sa grandeur. Ce sont les signes qui témoignent de Lui. Le Coran incite à méditer sur ces signes. Le Seigneur: « En la création de la terre et des cieux, et l’alternance des jours et des nuits, il est des signes pour les hommes d’entendement. [4] » Les signes qui renvoient au Tout-Puissant se trouvent indiqués du début jusqu’à la fin du Coran. Indiquons la manière de méditer sur quelques-uns.

De ces signes est l’homme créé d’une goutte de sperme. La chose la plus proche à l’homme est lui-même. Et il y a l’homme et tant de merveilles qui reflètent la puissance de Dieu. On passera toute une vie sans qu’on arrive à en dénombrer le centième dont on n’a même pas connaissance. Comment peux-tu espérer connaître autrui, toi qui es ignorant et qui n’as conscience de toi-même? Le Seigneur t’ordonne dans Son Livre saint de te connaître: « Et en vous-mêmes, ne voyez-vous pas? [5] » Le Tout-Puissant a indiqué que tu es créé à partir d’une vile goutte de sperme: « Mort donc à l’homme et qu’il est infidèle! De quelle chose le créa-t-Il ? D’une goutte, Il le créa ; ensuite. Il le forma: Il lui fraya la voie; ensuite. Il le fera mourir puis enterrer; et ensuite, lorsqu’Il voudra, Il le ressuscitera.[6] »« Il vous a créés d’argile; vous êtes des humains qui seront ressuscités. [7] »« Ne fut-il pas une goutte de liqueur s’épanche? Ensuite, il fut un grumeau. Puis il le créa et lui donna une. [8] »« Ne vous avons Nous pas créés d’une eau inconsistante; que Nous faisons déposer dans un abri très sûr jusqu’au terme fixé? [9] »« L’homme ne voit-il pas que nous l’avons créé d’une goutte et le voici qui s’élève contre Nous en plaideur éloquent? [10] »«Nous avons créé l’humain d’une goutte visqueuse. [11]  » Ensuite, le Seigneur indique comment il fait de la goutte un grumeau, du grumeau des os : « Nous avons créé l’homme d’une parcelle de limon; dont nous faisons une goutte déposée dans un abri très sûr; cette goutte nous en faisons un grumeau de sang; et de celui-ci un embryon, dont nous faisons un système osseux, que nous recouvrons de chairs; et ensuite, nous l’expulsons sous sa propre forme. [12] » Si le Seigneur évoque à plusieurs reprises dans son Livre saint la goutte de sperme, ce n’est certainement pas pour que nous entendions seulement le mot et oublions de méditer là-dessus. Regarde cette goutte d’eau sale qui, laissée un moment à l’air, devient puante. Regarde comme le Seigneur des Seigneurs l’a tirée d’entre la colonne vertébrale et le flanc. Comment Il crée le mâle et la femelle et insuffle en leur cœur un amour mutuel et comment Il les amène par cet amour et par le désir à la copulation et comment Il fait sortir de l’homme la goutte de sperme par le mouvement, Il amasse le sang tiré des veines dans la matrice.

Observe comment Il crée le fœtus à partir de cette goutte de sperme et le nourrit d’eau jusqu’à ce qu’il grandisse et croisse. Comment Il a fait de la goutte de sperme qui est blanche un grumeau rouge, du grumeau un fœtus. Comment Il a réparti la goutte en parties équilibrées, des os, des veines, une chair. Comment Il a créé les parties apparentes, a formé la tête et a ouvert l’ouïe, la vue, le nez, la bouche et tous les orifices. Comment Il a fait allonger les bras et les jambes et a divisé leurs bouts en doigts et a recouvert les doigts d’ongles. Observe comme Il a placé ensuite les organes cachés : le cœur, l’estomac, le foie, les reins, les entrailles. Comment Il a donné à chacun une forme et une taille particulières et une fonction spécifique. Comment Il a divisé chaque organe en plusieurs autres organes. Il a composé l’œil de sept couches et a donné à chacune de ces couches un rôle particulier. Si une couche disparaissait ou si une caractéristique ne fonctionnait plus, l’œil ne pourrait plus voir. Si nous passons en revue les merveilles de chacun de ces organes, nous y passerons toute notre vie.

Observe maintenant comme Il a créé d’une vile goutte d’eau les os qui sont des corps durs. Comment Il en a fait les piliers du corps. Comment Il leur a donné différentes formes, petites ou grandes, longues ou rondes, creuses ou compactes, larges ou fines. Comment Il a créé plusieurs sortes d’os et non pas une seule car l’homme a besoin de se mouvoir de tout son corps ou, parfois, de ne mouvoir que quelques-uns de ses membres. Comment Il a aménagé chaque sorte conformément au mouvement demandé. Il a uni les os par des ligaments qui les lient les uns aux autres. A un bout d’un os, il a créé une pointe qui s’introduit parfaitement dans le creux d’un autre. Ainsi, l’homme n’est pas empêché de se mouvoir car si ce n’était ces ligaments le mouvement lui serait impossible.

Observe ensuite comme Dieu a créé les os du crâne et comment Il les a assemblés et les a disposés. Il les a assemblés en cinquante-cinq os différents de forme et d’aspect. Il les a créés de telle sorte qu’ils puissent composer la rondeur de la tête. Six os sont pour la boîte crânienne; quatorze sont pour le maxillaire supérieur et deux sont destinés au maxillaire inférieur. Le reste est composé des dents qui sont les unes larges pour broyer et les autres incisives pour couper: Il a rattaché le cou à la tête par sept vertèbres creuses et rondes qui présentent des pointes et des dispositions particulières afin que les unes s’emboîtent aux autres. Il serait long de parler de toutes ces merveilles.

Ensuite, Il a posé le cou sur le tronc et le tronc sur le postérieur par vingt-quatre vertèbres. Il a composé le postérieur de trois parties différentes. Il l’a lié tout en bas au croupion qui est composé aussi de trois parties.

Il a lié les os du dos aux os de la poitrine, des épaules, des mains, du pubis, du postérieur, des cuisses, des jambes et des pieds. Ne prolongeons pas davantage le dénombrement de tout cela.

Le nombre des os dans le corps humain est de deux cent quarante-huit sans compter les petits que le Tout-Puissant utilise pour les jointures. Observe comment le Seigneur a créé tout cela à partir d’une goutte d’eau fine et vile.

Le but de la citation du nombre des os n’est pas pour connaître ce nombre. Cela relève d’une science accessible que connaissent les médecins « et les chirurgiens. Le but est de méditer sur celui qui les a créés et les a agencés et sur la façon avec laquelle Il en a évalué et les a formés sous différents aspects. Un os de plus serait un mal pour l’homme qu’il devrait arracher et un os de moins serait une déficience chez l’être humain qu’il serait obligé d’y pallier. Le médecin les observe pour voir comment soigner le corps et les gens d’entendement les observent pour indiquer la preuve de la majesté du Créateur. Il y a une si grande différence entre les deux observations.

Observe comment Dieu a créé des instruments pour mouvoir les os. Ces instruments sont les muscles. Il a créé cinq cent vingt-neuf muscles dans le corps de l’homme. Le muscle est composé de chair, de nerfs et de ligaments. Il est de taille et de forme différente selon son emplacement et son rôle. Vingt quatre muscles sont pour la mobilité de l’œil et des paupières. S’il en manque un seul, l’œil ne sera plus l’œil. A chaque organe correspond un nombre déterminé. Le nombre des nerfs, veines et artères est encore plus étonnant. Un exposé serait trop long. On peut méditer sur ces organes séparément ou sur l’ensemble du corps. Les merveilles qu’on découvre dans les organes apparents sont moindres que celles qui existent dans ceux qu’on ne peut percevoir par les cinq sens. Tout cela ‘est une création du Tout-Puissant à partir d’une goutte d’eau sale. Celui qui crée tout cela d’une goutte d’eau, qu’a-t-Il pu créer donc dans le Royaume des cieux et des astres et quelle sagesse a-t-il mise dans la disposition, les formes, les quantités, le nombre, l’agencement, la diversité et l’alternance du lever et du coucher? Ne pense pas qu’il y ait une seule parcelle du Royaume des cieux qui ne soit pas créée sans raison. N’importe quelle parcelle de ce royaume est d’une création plus sage, d’une construction plus précise et contient plus de merveilles que le corps humain. Tout ce qui est sur terre n’a aucune commune mesure avec les merveilles des cieux. C’est pour cette raison que le Seigneur dit : « Votre création sera-t-elle plus dure pour celui qui le ciel édifia, éleva haut sa voûte et le fit d’un seul tout; qui en le ciel étendit la nuit noire; et en lui fit poindre le jour radieux. [13] »

Retourne maintenant à la goutte d’eau et médite sur ce qu’elle est devenue après ce qu’elle-était. Demande-toi maintenant si les esprits, bons ou mauvais, sont capables de donner à cette goutte une ouïe, une vue, une puissance, un savoir, une âme et s’ils sont capables de la munir d’une ossature, de nerfs, d’une peau ou de cheveux? Ils seraient incapables s’ils le cherchaient de connaître l’essence et les modalités de la Création. Il est étonnant de ta part de dire : c’est presque un homme! Lorsque tu vois l’image d’un être humain sculptée sur un mur par un sculpteur émérite dont le résultat du travail se rapproche le plus possible de l’image d’un homme. Ton admiration est grande devant l’art du sculpteur et la maîtrise de son bras. En ton cœur, tu lui accordes une place éminente. Pourtant, tu sais que cette image a été accomplie avec de la glaise, une main, un savoir-faire et une volonté. Or, tout cela n’est pas une création du sculpteur mais la création d’un autre. Son œuvre se limite au rapport entre la glaise et le couteau, selon un ordre établi. Pourtant, tu admires et tu glorifies son travail…

Le Seigneur a créé ensuite les organes cachés et a consacré chacun d’entre eux à une fonction déterminée. L’estomac est consacré à la digestion de la nourriture, le foie transmet la nourriture au sang; la rate, la vésicule et les reins sont au service du foie: La rate attire l’humeur noire loin du foie; la vésicule attire la bile et le protège et les reins le mettent à l’abri de l’urine. La vessie est au service des reins car elle accueille l’eau qu’ils évacuent et la fait sortir par les tubes urinifères. Les veines sont aussi au service du foie car elles portent le sang à toutes les parties du corps.

Le Seigneur a créé les bras et les a allongés afin qu’ils puissent atteindre leurs objectifs. Il a élargi la paume de la main, a créé les cinq doigts et a divisé chaque doigt en trois phalanges. Il a placé quatre doigts d’un côté et le pouce d’un autre afin que celui-ci puisse épouser le tout. Si les anciens et les contemporains se réunissaient pour imaginer une autre disposition des doigts que celle créée par le Seigneur: la place du pouce, la longueur différente de chaque doigt, ils n’y arriveraient pas. Ce n’est que par la disposition qu’elle a que la main est capable de prendre et de donner. Ouverte, elle est un plateau sur lequel on peut poser ce qu’on veut. Refermée, elle est un instrument de frappe. Elle peut être une cuillère autant qu’une pelle.

Le Tout-Puissant a créé ensuite les ongles comme ornement et comme protection pour les doigts pour qu’ils ne soient pas coupés et pour qu’ils puissent saisir les choses fines que ne peuvent saisir les phalanges et pour que l’homme puisse se gratter le dos éventuellement. L’homme ne peut remplacer, pour se gratter le dos, l’ongle qui est la plus vile des choses. En l’absence de l’ongle, il serait la créature la plus faible et la plus incapable qui soit. L’homme tend le bras vers le point à gratter même en plein sommeil et en pleine inconscience. Autre que lui ne peut déterminer ce point qu’après une longue peine.

Le Seigneur a créé tout cela à partir de la goutte d’eau alors qu’elle était encore sous couches de ténèbres. Si l’homme pouvait percevoir de son regard ces profondeurs, il verrait l’ordonnancement et les choses prendre forme mais il ne verrait pas le Créateur ni ses instruments. A-t-on jamais vu un créateur donner forme sans qu’il ne touche à ses instruments?

Louanges et Gloire à Celui qui est Grand et dont les signes sont évidents !

 

Notes :

[1] Al-Nahl, 8.
[2] Yassine, 36.
[3] AI-Wakyi’a, 61.
[4] Al-Baqara, 164.
[5] AI-Dhariât, 2l.
[6] Abassa, 17-22.
[7] Al-Rourn, 20.
[8] Al-Qiarna, 37-38.
[9] Al-Moursilat, 20-22.
[10] Yassine, 77.
[11] Al-Insane, 2.
[12] Al-Mouminoune, 12-14.
[13] Al-Nazirat, 27-29.