Sunnisme.com


L
es Droits des
Parents en Islam


Birr al-Walidayn

Al-hamduliLlâh,
Bimillâh ar-Rahman ar-Rahim,
Allâhumma salli ‘alâ Sayyidinâ Muhammadin wa ‘alâ Âlihi wa Sahbihi wa sallim

SOMMAIRE

 

  • Le Respect dans la Parole 
  • Le Respect dans le Corps
  • Le Respect dans les Biens et la Subsistance
  • Le Respect dans le Cœur
  • Des Ordres Contradictoires
  • Quel Parent a le plus Grand Droit
  • Obéir aux Parents à propos du Mariage
  • Le Respect dû aux Parents après leur mort
  • Manquer de Respect envers les Parents
  • La Mère
  • L’Assistance Mutuelle est requise
 
Gloire à Allâh qui nous a ordonnés de « N’adorer que Lui ; et de faire preuve de bonté envers les parents » [1], Que la Paix soit sur le Prophète ﷺ qui a dit : « Le mécontentement d’Allâh est dans le fait de mettre ses parents en colère et Sa satisfaction est dans le fait de les rendre satisfaits. » [2]
L’Islam nous enseigne qu’il n’est pas possible d’avoir une foi parfaite sans respecter les droits des parents. Cette recommandation contient un secret connu par ceux qui respectent cet ordre, qui incombe même si les parents n’ont pas été à la hauteur pour donner le droit à leurs enfants. Sheykh Al-Nafrawi a dit : « Il y a consensus de la ummah sur l’obligation du respect du droit des parents (birr) et sur l’interdiction de leur causer un tort important (‘uquq). » [3]
Nous demandons à Allâh de nous compter parmi ceux qui Le remercient et remercient leurs parents afin de prendre en compte Sa déclaration : « Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents. » [4]
Respecter ses parents et prendre soin d’eux (birr al-walidayn) [5] est l’un des aspects fondamentaux de la société humaine et c’est enseigné par toutes les cultures et religions dans le monde. Nous avons d’ailleurs été avertis dans un Hadith que l’irrespect envers les parents est l’un des signes qui précipiteront la fin du monde.
Bien entendu, l’obéissance aux parents ne peut s’appliquer de manière aveugle et selon les cas elle peut être obligatoire (fard), recommandée (sunnah), permise (mubah), détestée (makruh) ou interdite (haram). Nous verrons quelques exemples dans cet article.
Quelques règles et conseils relatifs au respect du droit des Parents :

Le Respect dans la Parole

Allâh dit : « Adresse-leur des paroles respectueuses. » [6] 
Ibn Abbas a dit : « Sois avec tes parents comme un esclave faible et pécheur serait avec son maître dur. » [7]
L’Imam Malik a dit : « L’enfant doit jouir de la droiture et interdire le mal lorsqu’il est avec ses parents et il doit aussi abaisser l’aile de l’humilité ». L’Imam al-Ghazali stipule dans son Ihya qu’il est possible de faire profiter ses parents d’un rappel s’ils ignorent une règle, mais que celui-ci doit être effectué avec le plus d’humilité, de douceur et de sagesse possible. Ainsi, s’il se mettent en colère, l’enfant doit rester silencieux.
Ne pas élever la Voix
Une personne qui parle avec ses parents ne doit pas élever sa voix. Elle doit leur parler comme c’est mentionné plus haut (comme un esclave faible et pécheur avec son maître). Un jour, ibn AbduLlâh éleva sa voix (de manière impropre) alors que sa mère l’appelait. En guise d’expiation, il libéra deux esclaves. [8]
Appeler ses Parents par leur prénom
Il est déconseillé (makruh) qu’un enfant appelle ses parents par leur prénom et cela si le parent n’y voit pas d’inconvénient. Dans le ca où le parent n’aime pas cela, alors ça devient illicite (haram). Il n’y a pas de mal à ce qu’un enfant évoque l’un de ses parents par son prénom en son absence. Il est rapporté que lorsque ‘A ‘isha parlait de son père, elle disait : « Abu Bakr m’a donné ceci et cela ». [9]
Prier pour qu’Allâh leur accorde Compassion et Miséricorde
C’est une obligation basée sur le verset : « Ô mon Seigneur, fais-leur, à tous deux, miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit. » [10], Les savants ont dit que le fait de faire ce dou’a une fois dans sa vie suffit à lever cette obligation à condition que le but fût de remplir cette obligation. D’autres ont dit qu’on devrait prier pour eux cinq fois par jour.
Prier pour qu’Allâh accorde Compassion et Miséricorde à des parents non-Musulmans
Il existe une divergence d’opinions parmi les savants dans le cas où es parents ne sont pas Musulmans. Certains disent que ce n’est pas permis et qu’il faut demander qu’Allâh leur accorde la hidaya (guidée). D’autres, considèrent cela permis tant qu’ils sont vivants, car une partie de la rahma d’Allâh réside dans la guidée qu’il pourrait leur accorder. Par contre, une fois qu’ils sont décédés, il n’est plus autorisé d’invoquer en leur faveur en raison du verset dans lequel il est dit : «  Il n’appartient pas au Prophète et aux croyants d’implorer le pardon en faveur des associateurs, furent-ils des parents alors qu’il leur est apparu clairement que ce sont les gens de l’Enfer. » [11] Un de nos shuyukh nous avait appris qu’il est toutefois possible de réciter se verset : « Si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs. Et si Tu leur pardonnes, c’est Toi le Puissant, le Sage ». [12] Cependant, il faut noter que le consensus des savants va vers l’interdiction d’invoquer en leur faveur s’ils sont décédés non-Musulmans. [13]
Allâh sait mieux s’ils sont morts ou non en état de mécréance. Tant qu’ils sont vivants, il reste de l’espoir qu’ils se repentent et on peut donc demander qu’Allâh leur accorde Sa Rahma.
L’appel des Parents
Si le père ou la mère appellent un de ses enfants alors que celui-ci prie une prière obligatoire, il lui s’empresser de la terminer et il lui est autorisé de répondre en disant Subhan Allâh pour signifier au parent concerné qu’il est en train de prier. S’il s’agit d’une prière facultative, il est même autorisé que l’enfant d’écourter sa prière. Ceci pour éviter que les parents ne soient contrariés et pensent que leur enfant les ignore sciemment (dans le cas où ils ne savent pas que l’enfant est en prière).

Le Respect dans le Corps

 

Ibn as-Sunni rapporte : « Le Messager d’Allâh ﷺ vit un homme [marchant] avec un garçon. Il demanda au garçon : ‘Qui est avec toi’ ? Le garçon répondit : ‘Mon père’. Le Messager d’Allâh ﷺ lui dit alors : ‘Ne marche pas devant lui et ne le pousse pas à te maudire’. » «  ne le pousse pas à te maudire », c’est-à-dire, ne fait rien de mal qui puisse le conduire à te maudire. An-Nafrawi dit qu’on devrait rester derrière nos parents lorsqu’on marche en leur compagnie et même éviter de marcher à côté d’eux sauf s’il y a une nécessité à cela (par respect envers eux). Cette règle s’applique aussi lorsqu’on marche avec des gens tels que les savants, les dirigeants, les pieux et les aînés.
L’Ordre d’accomplir un acte Interdit ou potentiellement Nuisible.
 Il est rapporté du Messager d’Allâh ﷺ qu’il a dit : « Il n’y a point d’obéissance dans l’ordre d’accomplir un péché, l’obéissance est uniquement due lorsqu’on ordonne d’accomplir quelque chose de convenable ». [14] L’imam Turtushi dit que si un parent ordonne à son enfant d’accomplir un acte douteux (shub-ha), il incombe à l’enfant d’obéir à ses parents si ceux-ci sont susceptibles d’être blessés si ce n’est pas fait. Dans son Ihiya, l’imam al-Ghazali soutient la même position tout en précisant qu’il faut néanmoins essayer d’éviter. S’il n’y a pas le choix, il est autorisé d’accomplir un acte douteux si cela évite aux parents d’être en colère. La raison, c’est que le fait d’éviter le douteux est recommandé, tandis que mettre ses parents en colère est haram selon le consensus des savants.
Toujours selon l’imam Turtushi, on doit obéir à nos parents s’ils nous demandent de délaisser une fois une Sunnah que l’on accomplit de manière régulière. Par contre, s’ils nous demandent de délaisser cette Sunnah de manière permanente (ex. deux raka’at de Fajr avant le Subh), alors ce n’est pas permis de leur obéir.
Dans Khâtimat at-Tasawwuf, il est fait mention d’un hadith qui stipule que quiconque entre chez son père ne devrait s’asseoir ou se lever qu’avec sa permission, sans quoi il sera coupable de ‘uquq. De la même façon, on ne doit pas s’asseoir dans un endroit plus haut ou meilleur que le sien.
La quête de la Science Sacrée
Si l’enfant souhaite apprendre ce qui relève de l’obligation collective (fard kifaya), comme la mémorisation du Qour’an en entier, l’étude du Hadith ou le Fiqh (au-delà de ce qui est nécessaire pour tout un chacun) et que ses parents s’y opposent, il doit leur obéir.
Pour tout ce qui concerne des sujets dont l’ignorance (à leur propos) conduirait à la destruction de la personne, alors aller étudier ces sujets relève de l’obligation individuelle (fard ‘ayn) et il n’y a pas d’excuse dans le fait d’abandonner leur étude quand bien même les parents s’y opposeraient. La ‘Aqida (croyance) fait partie de ces sujets (connaître le Créateur, Ses Attributs, ce qui est possible ou non Le concernant, etc. ainsi que la connaissance du Prophète ﷺ. Cela concerne aussi le sujet de l’obéissance extérieure (Fiqh – purification, jeûne, prière…) et intérieure (intentions, sincérité, patiente, gratitude…). Il y a aussi ce qui a trait à la connaissance des péchés des organes : ceux de la langue (calomnie, mensonge, insulte…), de l’estomac (manger/boire ce qui est haram…), des yeux (regarder des choses illicites, regarder quelqu’un avec moquerie…), des oreilles (écouter les musiques illicites, prêter oreille à la médisance…), des pieds (se rendre dans des endroits interdits comme une discothèque…), des parties intimes (la masturbation, la fornication…) et des mains (voler, frapper…). On peut enfin citer ce qui a trait à la connaissance des péchés intérieurs (jalousie, arrogance…).

Le Respect dans les Biens et la Subsistance

 

Allâh dit : « mais reste avec eux (tes parents) ici-bas de façon convenable » [15]. Dans un Hadith, le Prophète ﷺ a expliqué que la signification de ce verset, c’est qu’il faut les nourrir s’ils ont faim et les vêtir s’ils n’ont pas de vêtements. D’une manière générale, si les parents n’ont pas de source de revenus, il incombe aux enfants de leur venir en aide. L’imam Malik précise que cela s’applique aussi si les parents ne sont pas Musulmans [16].
Dans la mesure du possible l’aide ne doit pas seulement se limiter aux besoins fondamentaux (manger, se vêtir…).

Le Respect dans le Cœur

 

Les actions peuvent être d’ordres intérieurs :
Bonnes : Avoir une bonne opinion d’Allâh ou encore la patience dans Ses décrets sont des bonnes actions relatives au cœur.
Mauvaises : La jalousie, la haine, ou la mauvaise opinion vis-à-vis d’Allâh sont des péchés du cœur.
Et ses actes ou états intérieurs peuvent déboucher sur des actes d’ordres extérieurs :
Bons : La compassion peut déboucher sur la charité…
Mauvais : La jalousie peut entraîner la vengeance, la violence, le meurtre…
Au Jour du Jugement, nous serons interrogés sur les deux types d’actions comme stipulé dans le Qour’an : « Et ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance. L’ouïe, la vue et le cœur: sur tout cela, en vérité, on sera interrogé. » [17]
Vis-à-vis des parents, même si on s’occupe d’eux dans ce qui est extérieur (les nourrir, les vêtir, être poli…), il ne convient cependant pas d’entretenir envers eux de la haine ou de mauvais sentiments (la haine est la source première du tort commis envers les parents). Si on commet une erreur envers eux, mais qu’on regrette sincèrement, il faut aussi se souvenir avec espoir qu’Allâh regarde l’état intérieur et qu’Il pardonne. Nous sommes humains et faisons tous des erreurs.

Des Ordres Contradictoires

 

Il peut arriver que les parents donnent des ordres contradictoires. Si cela se produit, ‘Abdul Baqi rapporte que ‘Ali al-Ajhuri est d’avis qu’il faut répondre en premier à la mère. L’imam as-Suyuti à rapporté un Hadith disant : « Si ton père et ta mère t’appellent, réponds à ta mère ».
Un jour, quelqu’un demanda à l’Imam Mâlik : « Mon père est au Soudan et il m’a écrit une lettre dans laquelle il me demande de venir le voir, tandis que ma mère ne veut pas ». L’Imam Mâlki répondit : « Obéis à ton père et désobéis à ta mère ». Il convient de rappeler que les prédécesseurs faisaient très attention lorsqu’ils répondaient à une question, car ils avaient conscience du poids de leur opinion. Ils sont les héritiers des Prophètes les modèles pour les Musulmans et leurs avis définissent la pratique de beaucoup de Musulmans. En donnant cette réponse à cet enfant soucieux de bien faire, il est probable que l’Imam Mâlik cherche une voie permettant à l’enfant de satisfaire ses deux parents (comme par exemple en proposant à sa mère de l’accompagner). Lorsque la même question fut posée à l’imam Layth ibn Sa’d abu al-Harith [18], il répondit : « Obéis à ta mère, car elle possède deux tiers de Birr (respect et obéissance dus aux parents). »

Quel Parent a le plus Grand Droit
 
Allâh dit : « Nous avons commandé à l’homme [la bienfaisance envers] ses père et mère; sa mère l’a porté [subissant pour lui] peine sur peine: son sevrage a lieu à deux ans. » [19].
Un jour, un homme vint trouver saydunna ‘Umar et lui dit : « Ma mère est âgée et elle ne peut pas aller aux toilettes sans que je la porte sur mon dos. Je la nettoie tout en détournant mon regard. Ai-je rempli ses droits ? » ‘Umar répondit : « Non ». L’homme dit alors : «  Mais je la porte sur mon dos et je suis à son service ». Ce à quoi ‘Umar rétorqua : «  Elle a fait la même chose pour toi. Mais elle avait l’espoir que tu restes auprès d’elle tandis que tu espères qu’elle parte. » [20]
Muhammad al-Hassan rapporte qu’ibn ‘Atiyya a dit : « Remplir les droits de ses parents comme les honorer et les protéger et leur venir en aide financièrement quand ils en ont besoin est une obligation. Tandis que ce qui concerne la bonté, la gentillesse, les mots et les actes gentils est hautement recommandé. C’est dans cette catégorie qu’on doit donner préférence à la mère. » [21] Cela ne signifie pas qu’il faille négliger les droits du père ni ou ne faire preuve d’un comportement exemplaire à son égard. Même si le père lutte et fait face à des difficultés pour élever son enfant, c’est la souffrance et la douleur de la mère qui fut mise en avant par Allâh.
Un homme vint chez le Prophète ﷺ et lui dit : « Ô Messager d’Allah ! Quelle est la personne avec qui je dois le mieux me comporter ? » Il dit : « Ta mère ». Il dit : « Et qui encore ? » Il dit : « Ta mère ». Il dit : « Et qui encore ? » Il dit : « Ta mère ». Il dit : « Et qui encore ? » Il dit : « Ton père ». [22]

Obéir aux Parents à propos du Mariage

Le Fils :
Ibrahim Ibn Hilal al-Sinhaji as-Sijilmasi (juriste Malikite et Mufti) stipule que le fils doit obéir à son père si ce dernier lui interdit de se marier à telle personne. Ceci uniquement si le fils ne craint pas de tomber dans le haram avec la personne en question. Si c’est le divorce que demande le père, al-Haytami (grand savant dans la jurisprudence et le hadith) n’interdit pas au fils de désobéir, car cela détruirait sa famille. Certains savants soutiennent la position contraire en se basant notamment sur un récit dans lequel saydunna ‘Umar ordonna le divorce à son fils, mais il faut souligner le fait que dans ce cas précis, ce n’est pas n’importe quelle personne qui donne cet ordre. Ainsi cet ordre était sans aucun doute basé sur la clairvoyance et le souci de succès dans la religion, tandis que la majorité des cas, les parents lambda demandent le divorce de leur fils pour des intérêts personnels basés sur la culture ou l’ignorance. Si un parent pense que le mariage de son fils lui cause du tort dans son Dîn, alors il peut avoir recours à un Sheykh sage et compétent dans le Fiqh et les questions de mariage afin d’avoir un avis avant d’envisager quoi que ce soit qui puisse déboucher sur la rupture de ce mariage.
La Fille :
Les règles mentionnées plus haut ne concernent que le fils. Quant à la fille, personne, y compris les parents, n’a le droit de lui demander de divorcer de son mari. Ruiner les relations d’une femme avec son mari est Haram comme stipulé par Sheykh Muhammad Mawlud « Maharim al-Lisan  [23] Il est strictement interdit de se mêler du mariage de quelqu’un d’une manière qui nuira à la relation entre le mari et la femme. Alors que dire d’une personne qui demande à la femme de divorcer ? Il est interdit à la femme de demander le divorce si son mariage ne lui cause aucun tort, alors que dire d’une personne extérieure qui vient s’en mêler ? Si une personne motive une femme à divorcer de son mari, alors cette personne aide à commettre l’illicite ce qui est grandement apprécié par Iblis dont l’un des objectifs principaux est de détruire les familles.
Il est rapporté dans un Hadith authentique que : « Iblis établit son trône sur l’eau (la mer) et envoie ses légions (pour tenter les Hommes). Le démon qui a (ensuite) le plus de proximité avec lui est celui qui a réussi le plus grand trouble (fitna). L’un de ces démons vient à lui et dit : « J’ai fait ceci et cela. » Mais il lui répond : « Tu n’as rien fait. » Puis l’un d’entre eux vient à lui et lui dit : « Je n’ai pas lâché (tel humain), jusqu’à ce que j’ai réussi à provoquer la séparation entre lui et son épouse. Iblis rapproche de lui ce démon et lui dit : « Quel bon fils es-tu ! » [24]
S’il existe une situation dans laquelle le mariage nuit à la femme, la Loi Islamique ne l’autorise pas juste à quitter le mariage, mais elle l’oblige à entreprendre les démarches nécessaires en vue de l’obtention d’un divorce. Dans ce cas, elle doit chercher l’avis juridique d’un savant bien versé dans la Jurisprudence.
Et s’ils nous ordonnent de ne pas nous marier du tout ?
Ne pas se marier du tout peut être nuisible et personne n’a à obéir à un ordre qui est nuisible. La même règle s’applique au fait d’empêcher une fille de se marier. L’imam Turtushi dit : « Les filles ne sont pas obligées d’obéir à leurs parents si ces derniers ne veulent pas qu’elle se marie. La raison, c’est que l’obéissance n’est due que dans les affaires susceptibles de nuire ou faire souffrir les parents. Le mariage de leur fille doit réjouir les parents et la nuisance réside dans le fait qu’elle puisse au final demeurer dans leur foyer (Ndt : à cause de leur interdiction). »
Quoi qu’il en soit ces sujets sont compliqués et chaque cas est particulier et c’est pourquoi il est nécessaire de chercher l’avis d’un expert dans le domaine juridique avant de prendre une décision.

Quoi qu’il en soit, ces sujets sont compliqués et chaque cas est particulier ; c’est pourquoi il est nécessaire de chercher l’avis d’un expert dans le domaine juridique avant de prendre une décision.

Le Respect dû aux Parents après leur mort

 

Sayyiduna Abu Hurayrah (radiyallahu ‘anhu) rapporte que Rasulullah ﷺ a dit : « Allah Ta’ala élèvera le rang d’une personne au Jannah. Il dira :  » Ô mon Rabb, comment suis-je parvenu à cela ? Allah Ta’ala répondra : « Par l’intermédiaire de ton qui recherchait le pardon en ton nom » ». [25]
Dans un autre Hadith, il est dit : « Si quelqu’un se rend sur la tombe de ses parents, ou de l’un d’entre eux, chaque vendredi, il obtiendra le pardon et cela sera enregistré comme de la piété filiale. » [26] Concernant l’indication du jour de vendredi, l’Imam Malik, le grand Muhadith et Imam de Fiqh a déclaré : « On peut visiter le cimetière d’autres jours, cependant, le jour du vendredi a été spécifié en raison de ses grandes vertus ». [27]
Sayyiduna ‘Abdullah ibn ‘Umar a répondu : « Nabi ﷺ a dit :  » Maintenez des liens avec ceux que votre père aimait, ne rompez pas [les liens], de peur qu’Allah éteigne votre lumière céleste [dans ce monde/dans l’au-delà]  » ». [28]
Tout comme le respect envers les parents est obligatoire, celui envers les grands-parents l’est tout autant, mais selon l’opinion dominante dans l’école Malikite, ils n’ont cependant pas le même statut que les parents [29].

Manquer de Respect envers les Parents

 

Le Prophète ﷺ a dit : « Ne voulez-vous pas que je vous informe du plus grand parmi les grands péchés ? »  Nous avons dit : « Ô Prophète, si » Il reprit : « C’est l’association à Allâh et la désobéissance aux parents » » [30]
Les péchés que nous commettons peuvent être d’ordre majeur (kabira) ou mineur (saghira). Dans les deux cas, il est nécessaire de se repentir selon les quatre conditions :
– regretter
– avoir l’intention de ne pas y revenir
– arrêter l’acte immédiatement
– réparer son erreur si le péché concerne une tierce personne
Si un enfant fait une chose susceptible de rendre un parent raisonnable alors cela sera considéré comme ‘uquq [31].
Dans son livre, l’Imam Muhammad Mawlud évoque les six organes par lesquels l’enfant est susceptible d’être l’auteur de ‘uquq.

Les Mains :
Par ex. Le fait de lever les mains en l’air avec dégoût, de serrer le poing lorsqu’on leur parle ou frapper un objet par frustration. Bien entendu les frapper ou faire des gestes déplacés est formellement interdit. Si leur dire « uff » est interdit, alors tout ce qui est pire que cela est interdit.

Les Pieds :
Par ex. Se rendre à un endroit alors que cela attriste nos parents.

Les Oreilles :
Concernant la médisance, il est rapporté que le Prophète à dit : « Celui l’écoute est le complice de celui qui la prononce » [32]. Les deux personnes sont donc fautives de péchés (celle qui médit et celle qui écoute). Si cela concerne les parents d’une des deux personnes, alors c’est extrêmement dangereux. Normalement on ne permet pas qu’une personne parle mal de nos parents, malheureusement il est devenu courant qu’une personne parle en mal de ses parents ou de ceux d’autrui.

Les Yeux :
‘A’isha rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Une personne n’a pas fait preuve de Birr si elle regarde son père avec sévérité » [33]

Le Cœur :
Cf la partie « Le Respect dans le Cœur » (traitée plus haut)

La Langue :
Il est rapporté du Prophète ﷺ qu’il a dit : « Si Allah avait connaissance d’une forme de ‘uquq moins important que de dire « uff (à ses parents), Il l’aurait interdite » [34] Il est donc important de faire preuve de la plus grande retenue et du plus grand respect lorsqu’on s’adresse à eux. Dans un Hadith, il est dit que tous les péchés seront différés par Allâh jusqu’au Jour du Jugement, excepté ce qui concerne « uquq al Walidayn » et ce que pour ce type de péchés, la punition de la personne sera hâtée dans sa vie sur terre.

L’Histoire de Jurayj : 
Selon Abou Hourayra (رضيالله عنه) , le Prophète (ﷺ) a dit : « […] Jurayj était un ascète qui s’était construit une tour (pour s’y recueillir). Alors qu’il était dans sa tour arriva sa mère juste au moment où il était en prière. Elle dit : « O Jurayj! » « Il dit : « Ô mon Seigneur! Dois-je répondre à ma mère ou poursuivre ma prière ? » et il continua sa prière. Sa mère s’en alla. Le lendemain elle revint le voir alors qu’il priait. Elle dit : « O Jurayj! » « Il dit : « Ô mon Seigneur! Dois-je répondre à ma mère ou poursuivre ma prière ? » et il continua sa prière. Le troisième jour il y eut la même scène et elle dit : « Seigneur Allah! Ne le fais pas mourir avant qu’il ait regardé le visage des prostituées ».
Les Enfants d’Israël parlèrent un jour de Jurayj et de son adoration pour Allah. Or, il y avait parmi eux une prostituée connue pour sa beauté. Elle leur proposa : « Si vous voulez, je vais certainement le soumettre à la tentation (le séduire) ». Elle vint à sa rencontre, mais il ne se tourna même pas vers elle. Elle alla trouver un berger qui habitait dans la tour de l’ascète. Elle se donna à lui et elle tomba enceinte. Quand elle mit au monde son enfant, elle dit : « C’est celui de Jurayj ». Les gens vinrent à lui, le firent descendre de sa tour qu’ils détruisirent, et se mirent à le battre. Il leur dit : « Que me voulez-vous donc ? » Ils dirent : « Tu as commis un adultère avec cette prostituée et elle a eu de toi cet enfant ». Il dit : « Où est-il donc ? » Ils le lui apportèrent. Il leur dit : « Laissez-moi d’abord faire ma prière ». Il pria et, lorsqu’il eut terminé, il s’approcha du nouveau-né qu’il tapota sur le ventre puis il lui dit : « Enfant! Qui est ton père ? » Il dit : « Untel le berger ». Les gens se mirent à embrasser Jurayj et à passer leurs mains sur son corps. Ils lui dirent : « Veux-tu que nous te reconstruisions ta tour avec de l’or ? » Il dit : « Non, mais refaites-la en terre comme elle était » et ils le firent. » [35] Dans ce hadith on voit que le fait d’avoir contrarié sa mère conduisit celle-ci à faire un dou’a contre lui et celui-ci fut exaucé. Il convient de noter que Jurayj était une personne très pieuse (le prodige de l’enfant parlant pour sa défense en témoigne). Malgré cela, le fait d’avoir contrarié sa mère lui valut d’être éprouvé. Le Messager d’Allâh ﷺ précisa : « Si Jurayj avait eu (une bonne) connaissance de la Jurisprudence (été un faqih), il aurait su que répondre à sa mère eut été préférable à sa prière » [36].
Il est rapporté du Prophète ﷺ qu’il a dit : « Trois personnes n’entreront pas au Paradis. Celui qui ne se comporte pas bien avec ses parents (‘uquq), celui qui rappelle aux gens ce qu’il a fait pour eux et celui qui est addict à l’alcool. » [37] Nous savons que tous les Musulmans entreront au Paradis, mais certains avant d’y entrer passeront un laps de temps en Enfer. Ce hadith n’est donc pas à prendre au sens littéral strict, mais nous incite à tout faire pour ne pas faire partie de ces trois catégories.
Notons, que le statut élevé que peuvent avoir nos shuyukh, n’enlève en rien le statut important qu’ont nos parents comme cela est mentionné dans le Qur’an et la Sunnah.
Allâh a mentionné à de nombreuses reprises qu’il est important de prendre soin de ses parents et de les respecter :

« Et [rappelle-toi], lorsque Nous avons pris l’engagement des enfants d’Israʾil (Israël) de n’adorer qu’Allah, de faire le bien envers les pères, les mères, les proches parents… »
[38]
« Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère… » [39]
« Dis: « Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit: ne Lui associez rien; et soyez bienfaisants envers vos père et mère… » [40]
« Et ton Seigneur a décrété: « N’adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les pères et mères: si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point: « Fi ! » et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses.  » [41]
« Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable… » [42]
« Et Nous avons enjoint à l’homme de la bonté envers ses père et mère… » [43]
De nombreux hadith ont également été rapportés sur cette question importante et nous avons mentionné quelques-uns dans cet article.
D’après Abdallah Ibn ‘Amr (qu’Allah les agrée), un homme s’est rendu auprès du Messager d’Allah ﷺ et a dit : « Je te prête serment d’allégeance pour la hijra et le djihad, je cherche par cela la récompense de la part d’Allah. Le Prophète ﷺ répondit: « Y a t-il un de tes deux parents qui est vivant ? ». L’homme dit : Oui, les deux sont vivants. Le Prophète ﷺ a dit: « Recherches-tu la récompense de la part d’Allah ? » Il a dit : Oui. Le Prophète ﷺ a dit: « Alors, retourne vers tes parents et tiens leur compagnie de la meilleure manière ». [44]
Dans ce hadith, le fait de rester en compagnie des parents devient un jihad supérieur au jihad, car pour certaines personnes, prendre soin de ses parents, s’occuper d’eux est difficile et nécessiten un effort particulier. La compagnie du Prophète ﷺ est la meilleure des compagnies, mais malgré tout, celui-ci donne ici la préférence aux parents.

La Mère

Il n’est pas possible d’atteindre la Satisfaction Divine sans avoir un comportement exemplaire envers ses parents et donc bien sûr envers sa mère. Dans le Qour’an, saydinna ‘Isa عليه السلام se décrit lui-même comme étant quelqu’un de bon envers sa mère (Maryam) conformément à ce qu’Allâh lui a recommandé [45].
Sheykh Haywa ibn Shurayh [46] était le Sheykh de son temps en Égypte. Parfois, il formait un cercle de science pour enseigner et il arrivait que sa mère arrive et dise : « Lève-toi Haywa ! Vas jeter un peu d’orge aux poules ! » Alos il se levait pour suivre son ordre [47].
Le Paradis est sous le Pied de la Mère
Mu’âwiya Ibn Jâhima As-Sulami rapporte : « Je me suis rendu auprès du Messager d’Allah ﷺ et lui ai dit : « Ô Messager d’Allah ! J’aimerais faire le jihâd à tes côtés, aspirant ainsi à la Face d’Allah (Ndt : Sa Satisfaction) et à l’au-delà ». Il me dit : « Malheur à toi ! Ta mère est-elle toujours en vie ? ». Je répondis : « Oui ». Il me dit : « Retourne [auprès d’elle] et prends soin d’elle (fabarrahâ) ». [Il lui demanda une deuxième fois (…)]. Le Prophète ﷺ lui dit : « Retourne vers elle et prends soin d’elle ». [Il lui demanda une troisième fois (…)]. Le Prophète ﷺ lui dit : « Malheur à toi ! Reste auprès d’elle (litt. à ses pieds), car c’est là qu’est le Paradis. » [48]

L’Assistance Mutuelle est requise

Rendre leur droit à ses parents est une tâche difficile, mais grandement bénéfique et récompensée. Il convient aux parents qu’ils facilitent cette tâche à leurs enfants et cela fait partie de leurs droits à eux. Il est donc important que les parents aient eux aussi le meilleur des comportements avec leurs enfants afin que ceux-ci n’agissent pas mal en retour. Il faut penser au fait que si les enfants ont un mauvais comportement envers leurs parents ils seront susceptibles d’être punis par Allâh. Il faut donc limiter au mieux ce qui pourrait les amener à cette bien mauvaise situation. Un des meilleurs services qu’on puisse rendre à ses enfants, c’est de leur enseigner leur religion et ce qui concerne les droits des parents.
Notons que pour le bien-être, la paix, le bénéfice mutuel et l’harmonie, il est peut être sage d’oublier parfois ses droits lorsque c’est difficile pour la personne (tant qu’il n’y a pas d’abus).

Notons que pour le bien-être, la paix, le bénéfice mutuel et l’harmonie, il est peut être sage d’oublier parfois ses droits lorsque c’est difficile pour la personne en face de les remplir (tant qu’il n’y a pas d’abus)

Les Coreligionnaires
Selon le grand Imam al-Ghazaly, dans nos rapports avec nos frères et sœurs en Islam, il convient de :
– être souple
– ne pas être un fardeau (au contraire, être source de facilité)
– faire en sorte de ne pas leur imposer ce qui nous incombe
– ne pas chercher leur prestige ou leur richesse
– les aimer pour Allâh sans rien attendre en retour
– rechercher la bénédiction de leurs invocations
– être heureux de les voir
– s’assister mutuellement dans le Dîn
– faire de l’amitié un moyen de se rapprocher d’Allâh en leur donnant leurs droits et en veillant à ce qu’ils ne manquent de rien
Les Maris
Tout comme les parents ont des droits vis-à-vis de leurs enfants, le mari à des droits sur sa femme. ‘A’isha a dit : « J’ai demandé au Prophète ﷺ quelle personne a le plus de droits sur une femme et à répondit ‘Son mari’. Puis, j’ai demandé au Prophète ﷺ quelle personne a le plus de droits sur un homme et il répondit ‘Sa mère’. » [49]
Si un mari tente d’obtenir tous les droits qui lui sont dus, le mariage ne sera pas harmonieux. Pour éviter que le mariage ressemble à une relation d’affaires (business), il faut être prêt à délaisser son droit de temps à autre. En agissant ainsi, on suit la Sunnah du Prophète ﷺ qui a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Le Croyant qui a la foi la plus parfaite est celui qui a le meilleur comportement (ou caractère) et les meilleurs d’entre vous sont ceux qui sont les meilleurs avec leurs femmes ». [50]
Les Voisins 
De la même manière qu’Allâh nous ordonne de bien nous comporter avec nos parents, le Musulman est invité à faire preuve du meilleur comportement envers son voisin.
« Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain… » [51]
De même, il est rapporté du Prophète ﷺ qu’il a dit : « Jibril me rappelait sans cesse les droits du voisin, au point que je me suis demandé s’il ferait de lui l’un des héritiers. » [52]
Al-Munawi cite Ibn Abi Jamra disant : « Prendre soin de ses voisins fait partie de la perfection de la foi et les gens de la jahiliya prenaient cela au sérieux. On doit s’efforcer de prendre soin d’eux autant que faire se peut (en leur donnant des cadeaux, en leur souriant, en prenant de leurs nouvelles, en les aidant, en ne leur causant aucun tort…). » [53]
Pour en savoir plus sur le respect envers les voisins n’hésitez pas à lire notre article intitulé Traiter convenablement ses voisins (par Sheykh al-Habib ‘Umar bin Hafiz)
Il convient de faire son possible pour remplir le droit d’autrui, sans demander aux autres d’honorer nos droits.
L’Imam as-Suyuti à rapporté un Hadith dans lequel le Prophète ﷺ a dit : « Qu’Allâh fasse miséricorde à un père à un père qui aide (facilite) son fils à s’acquitter de ses obligations envers lui ». [54] Sachant que toutes les supplications du Prophète ﷺ sont exaucées, nous devrions chercher à faire partie de la catégorie citée.
Personne ne sait dans quel état il mourra et c’est la raison pour laquelle nous devons être vigilants vis-à-vis de notre foi et de nos actes.

Qu’Allâh nous accorde de respecter et d’honorer nos parents et nous donne la bonne compréhension et la bonne application de Sa religion afin de parvenir au succès éternel. Ameen

 

Al-Hamdu Lillâhi Rabbi Al-`Âlamin


Notes :

Référence principale : « Al-Zafar bil-Murad fil Birr bil ‘Aba wal-Ajdad » de Sheykh Muhammad Mawlud avec le Sharh de Sheykh Rami Nsour al-Idrisi.
[1] Qour’an 17/23
[2] Jami` at-Tirmidhi 1n° 899 (Hassan)
[3] Sheykh Al-Nafrawi dans al-Fawakih al-Dawani 2:290 (sharh de la Risala de Qayrawani)
[4] Qour’an 31/14
[5] Birr al-walidayn – le mot birr vient du mot abrâr et renvoie à ceux qui sont pieux.
[6] Qour’an 17/23
[7] Tuhfat al-Surur 11
[8] Ibn al-Jawzi 145
[9] Sharh al-Zafar bil-Murad 4
[10] Qour’an 17/24
[11] Qour’an 11/113
[12] Qour’an 5/118
[13] Consensus rapporté par an-Nafrawi dans son Sharh de la Risala de Qayrawani 2:291
[14] Al Boukhari n°6830, Muslim n°1840.
[15] Qour’an 31/15
[16] Cf : Badr al-Zawjayn 134
[17] Qour’an 17/36
[18] Qualifié d’imam de son époque dans le Fiqh et le Hadith
[19] Qour’an 31/14
[20] Ibn al-Jawzi 129
[21] Tuhfat al-Surur 31
[22] Al-Bukhari 5971
[24] Rapporté par Muslim, n° 2813
[25] Sunan Ibn Majah, Hadith: 3660, Musnad Ahmad, vol. 2 pg. 509, Musannaf Ibn Abi Shaybah, Hadith: 30359
[26] Mishkat al-Masabih 1768, livre 5, Hadith 240
[27] Fiqhul Islami wa Adilatihi vol.2 pg. 1570
[28] Al Adabul Mufrad, Hadith 40
[29] Al-Adawi, al-Nafrawi, as-Sawi, al-Turtushi
[30] Rapporté par Al Boukhari et Muslim
[31] C-à-d- désobéissance/irrespect/injustice
[32] Al-La ‘ali al-Hisan 74
[33] Tuhfat al-Surur 43
[34] Sharh az-Zafar bil Murad 15
[35] Ryad As Salihine Hadith n°259, Rapporté par Al Bukhari et Muslim
[36] Tuhfat al-Surur 46
[37] Mustadrak
[38] Qour’an 2/83
[39] Qour’an 4/36
[40] Qour’an 6/151
[41] Qour’an 17/23
[42] Qour’an 31/15
[43] Qour’an 46/15
[44] Muslim 2549
[45] Qour’an 19/33
[46] Mort en 158/774
[47] Turtushi 52
[48] Rapporté Ibn Mâjah n°2781
[49] Mustadrak
[50] Tirmidhi, Riyad as-Salihin n°278
[51] Qour’an 4/36
[52] Rapporté par al-Bukhari, Muslim, Abu Dawud, al-Tirmidhi, Ibn Majah et Ahmad
[53] Tuhfat al-Surur 68
[54] Sharh az-Zafar bil Murad 28
Articles récents

Une vieille paire de chaussures

 

chaussures

 

 

Avant de mourir, un père de famille très riche fit cette demande à son fils :

« Ô mon fils, lorsque je serai mort, une fois mon corps lavé, enfile sur mes pieds une vieille paire de chaussures juste avant qu’on ne m’enterre ».

Lors du décès du père, le fils mentionna ce souhait aux savants locaux qui étaient présents. Ceux-ci déclarèrent :

« Ceci n’est pas possible, ça ne fait pas partie de la Sunnah, il n’est pas possible de mettre des vieilles chaussures aux pieds du défunt ».

Le fils insista car c’était un souhait du père sur lequel il avait beaucoup insisté. Les savants locaux consultèrent alors d’autres savants de la région pour discuter de cette affaire et pendant ce temps là les gens attendaient pour la prière mortuaire (salat al-Janaza). Alors qu’ils continuaient à discuter, un vieil ami du père arriva tenant une feuille à la main.

Il déclara :

« Voici une déclaration du défunt, il souhaitait que je la remette à son fils au moment où les savants argumenteraient sur cette affaire, afin qu’il la lise devant tout le monde ».

Voici ce que disait la lettre :

« Ô mon fils, tu sais à quel point je fus un homme riche et j’ai laissé derrière moi des millions et des millions, mais maintenant tu dois savoir et tu l’as expérimenté, que là où je vais, je ne peux même pas emmener avec moi ne serait-ce qu’une vieille paire de chaussures. Donc fais attention à la façon dont tu dépenseras cet argent, afin qu’il te soit bénéfique dans l’au-delà. Ne le gaspille pas inutilement et ne le dépense pas dans ce qui constitue des péchés. Saches que seules les actions suivent le croyant dans sa tombe ».

Qu’Allâh nous guide et nous facilite le chemin.


La femme doit-elle se voiler en face de son père ou beau-père non musulmans?

 
Réponse de
Sheykh Hamza Karamali

 

hijab-contour

 

Au Nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux,

Shaykh Nuh Keller (qu’Allâh le préserve) interrogea Sheykh Habib Zain b. Ibrahim al-Sumayt [1] (qu’Allâh le préserve), l’un des grands parmi les Fuqaha (juriste) de l’école Shafi’ite de notre époque, par une question quasi identique.

 

En 1996, il lui envoya une istifta (demande de Fatwa), lui demandant si oui ou non il est permis à la femme de dévoiler sa tête en face de son beau-père ou de sa belle-mère s’ils ne sont pas musulmans. Habib Zain donna la réponse suivante :


Au Nom d’Allâh, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux,

Ô Allah, je t’implore de m’accorder le succès dans ma réponse et de conseiller ce qui est correct.

Il est bien connu que le père du mari de la femme est l’un des proches parents (mahram) à travers un lien de mariage (musaharah). Les savants de fiqh (fuqahâ) ont explicitement déclaré que la partie du corps de la femme à cacher (awrah) en face de ses proches parents (mahram) est ce qui se situe entre le nombril et les genoux, qu’il s’agisse de proches parents, en vertu de la lignée, de l’allaitement, ou du mariage. Le fait que le proche parent soit musulman ou non ne crée aucune différence. Si c’est le cas avec un proche parent de sexe masculin, comme le père du mari, alors a fortiori c’est le cas également avec un proche parent de sexe féminin, comme la mère du mari. La réponse à votre question peut être connue à partir de cela, c’est-à-dire, qu’il est possible pour la femme de découvrir sa tête et tout le reste, sauf pour ce qui est entre le nombril et les genoux en face des parents non-musulmans de son mari.


Le grand savant (‘allamah) Ibn Hajar a dit dans le Tuhfa, en commentant ce texte d’al-Minhaj :

Il n’est pas permis de regarder ce qui se situe entre le nombril et les genoux de son proche parent (mahram), voir tout autre partie du corps est permis.

 

Ibn Hajar commente : à condition qu’il n’y ait aucun désir (shahwah), et même s’il est non-musulman, en raison de l’étroite relation (mahramiyyah) qui rend illégal le mariage, cela est comme s’il s’agissait de deux hommes ou deux femmes.


On peut toutefois déduire de ce qu’ils ont dit que cette licéité dépend de deux conditions :

1/ qu’il n’y ait pas de désir (shahwah) ou crainte de fitna,

2/ que les proches parents non-musulmans ne soient pas de ceux qui pensent qu’il est permis d’épouser des proches parents, si il est d’un peuple qui croit cela, comme les adorateurs du feu (majus), il n’est pas permis pour lui de regarder ou d’être seul (khalwah) avec elle en raison de ce qui a été mentionné dans le commentaire d’Ibn Qasim (sur le Tuhfa).


Et Allah sait mieux.

Cela a été écrit par le serviteur de la Science sacrée, Sheykh Zain b. Ibrahim al-Sumayt.

habibzain

J’ai traduit le texte ci-dessus à partir d’une photocopie de la réponse manuscrite d’al-Habib Zain (qu’Allâh le préserve) que j’ai en ma possession.

Sheykh Hamza Karamali

Traduit par le frère Bilal. G (Qu’Allâh le bénisse)

 

Notes :

[1]
Sheykh Al-Habîb Zayn Al-‘Abidîn Ibn Ibrâhîm Ibn Sumayt surnommé par ses disciples « le gardien du savoir des prédécesseurs » est un Juriste Shafé’ite formé à Hadramout au Yémen. Il est l’imam en matière de Jurisprudence et de fatwa au sein de l’école Ba’Alawi dans la péninsule arabe. Le Sheykh est né en 1942 en Indonésie. Etudiant il s’initia à de nombreuses sciences (Jurisprudence, Tajwid, grammaire arabe, rhétorique, Tassawuf, etc…) auprès de maîtres distingués parmi les Shouyoukh Ba ‘Alawis. Après de longues et studieuses années d’études le Sheykh reçu l’autorisation de porter l’honorable charge de la transmission. Le Sheykh a ainsi passé 20 années à enseigner et prêcher dans la ville d’Al-Bayda.  Il a ensuite rejoint le Centre d’étude Islamique « Ribat » de Médine afin d’y enseigner, de participer à son développement et à sa gestion. Convaincu du besoin de rechercher le savoir du berceau jusqu’au tombeau, il n’hésita pas à s’instruire auprès de savants médinois (Science des fondements, langue arabe, etc… ). Sheikh Zayn Ibn Sumayt continue à œuvrer dans le champ de l’enseignement islamique et de la prédication, entouré de l’amour de ses disciples et du respect des Shouyoukh Bâ ‘Alawîs qui le comptent parmi leurs juristes les plus saillants dans l’ère contemporaine.