Sayyida Fatima az-Zahra

 

La fille bien-aimée du Prophète Muhammad ﷺ

 

 

Fatima az-Zahra

 

 

 

BismiLlâhi ar-Rahmani ar-Rahiim,

Il est connu que l’envoyé d’Allâh ﷺ a eu plusieurs enfants.

Il existe plusieurs avis sur le nombre de garçons. La raison en est qu’ils sont tous morts en bas âge et qu’à cette époque les Arabes n’accordaient pas une grande importance aux dates. De plus, les Sahaba étaient peu nombreux et ne pouvaient donc pas se souvenir de tous les détails. Cependant, la plupart des historiens s’accordent à dire que les fils du Prophète Muhammad ﷺ étaient trois :

Al-Qaçim, [1]
‘AbduLlâh (nommé Tahir et Tayyib), [2] & [3]
Ibrahim [4]

Selon l’unanimité des historiens et des Muhaddithin, les filles du Prophète Muhammad ﷺ sont quatre :

Zaynab, [5]
Ruqayyah, [6]
Umm Khalthum, [7]

Et bien sur, Sayyida Fatima az-Zahra (‘alayha as-salâm).

Tous les enfants du Prophète Muhammad ﷺ ont pour mère Sayyida Khadija (‘alayha salaam), à l’exception de Ibrahim qui est le fruit de l’union du Prophète ﷺ et de Maria la Copte.  Toutes ces filles vécurent durant l’Islam, l’embrassèrent et migrèrent avec lui à Médine.

Fatima (liter. « sauvée du feu ») est née cinq années avant que son père ne devienne Prophète. Lorsqu’elle est née, Rassoul Allâh ﷺ état âgé de 35 années. Elle est née durant l’année où la Ka’abah fut reconstruite. Elle accepta l’Islam alors qu’elle avait cinq ans, c’est-à-dire aussitôt qu’il devint Prophète. Elle était alors la plus jeune Musulmane en Islam.

Le nom Fatima vient du mot « Fitam » qui signifie celui qui est gardé au loin du mal et du mauvais caractère. Fatima رضي الله عنها possédait quatre surnoms : Zahra, Batool, Umm al-Hasan wal-Husayn et le plus beau d’entre eux, Ummu Abeeha. De l’étendue de son amour et son affection pour le Prophète, du fait qu’elle était toujours avec lui et qu’elle essayait toujours de le défendre, tout comme une mère a ce type de sentiment envers son enfant, elle devint alors connue sous le nom « Umm Abeeha » par les Sahabas et les Savants. Elle fut également appelée Zahra parce qu’elle ressemblait beaucoup au Prophète en ce sens qu’elle était blanche et que ses joues étaient d’une couleur rosée, ou comme certains savants disent parce qu’elle est la fleur de la vie du Prophète ﷺ. Pourquoi fut-elle appelée Batool? Le mot Batool est utilisé pour désigner Maryam la mère de Jésus (‘Issa – ‘alayhi salaam). L’adoration ascétique de Fatima ressemblait à l’adoration de Maryam, de même que sa modestie, voilà pourquoi elle fut nommée Batool. Le Prophète a dit que « Fatima est la Sayyida des femmes du Paradis, après Maryam ». [8]

L’étendue de l’amour du Prophète pour elle était au-delà des limites normales. Par exemple, le Prophète ﷺ disait : « Fatima est une partie de moi, celui qui la courrouce me courrouce » [9]. Il existe un hadith dans lequel il est rapporté que le Prophète ﷺ a dit : « Moi, Fatima et al-Hasan et al-Husayn et celui qui nous aime viendra le Jour du Jugement, tandis que les gens seront tenus de rendre compte et ils s’assiéront avec nous alors que nous mangerons et boirons, et ce, jusqu’à ce que les gens aient fini d’être interrogés par Allâh ». [10]

Il y a un hadith dans lequel le Prophète ﷺ parle de ce qui se passera le jour du Jugement, en parlant de l’intercession alors que tous les gens seront effrayés et qu’ils chercheront quelqu’un pouvant intercéder pour eux. Le Prophète ﷺ a dit : « Ce jour là, tous les prophètes diront, moi, moi, excepté moi, je dirais : Ô mon Seigneur, ma Ummah, ma Ummah (communauté)! Ô mon Seigneur, je ne Te demande pas dans mon intérêt, ni dans celui de ma fille Fatima. »

Aussi, si le Prophète ﷺ était assis et que Sayyida Fatima az-Zahra entrait, à chaque fois il se levait et l’embrassait sur le front, entre ses yeux et il lui cédait sa place. Et par conséquent, lorsqu’il fut sur le point de mourir, elle s’en aperçut, car il était incapable de se lever pour l’embrasser. Observez l’affection, la tendresse et la douceur du Prophète ﷺ.

Si le Prophète ﷺ était en voyage et entrait à Médine, la première chose qu’il faisait était d’entrer dans la Mosquée, de prier deux raka’at puis il allait rendre visite à Fatima. Et s’il devait quitter Médine, la dernière chose qu’il faisait avant de partir était d’aller la voir. De par ces récits, on se rend compte à quel point elle était importante aux yeux de notre Prophète ﷺ.

Malgré tout cet amour qu’il avait pour sa fille bien-aimée, cela n’empêchait pas le Prophète de la traiter avec équité. Il est rapporté qu’il a déclaré que si Fatima volait, elle serait sanctionnée comme n’importe quelle autre personne. [11] Beaucoup de parents aiment leurs enfants et ils finissent par opprimer les autres à cause de cela, et ils finissent par ruiner l’enfant. Mais le Prophète était équitable et juste en dépit de son amour.

On peut se demander d’où viennent tout cet amour et cet honneur pour Fatima au point qu’il est dit qu’elle est la Sayyidat des femmes du Paradis? Parmi les raisons, on peut citer le fait qu’elle est sa descendance directe, la chair de sa chair, mais aussi le fait qu’elle est le fruit de l’éducation du Prophète ﷺ et que donc c’est elle qui lui ressemblait le plus. Physiquement aussi c’est elle qui possédait la plus grande ressemblance avec le Prophète ﷺ, mais c’était aussi le cas dans le caractère, la démarche, etc. Sayyda`Aisha (‘alayha as-salâm) a dit : « Je ne l’ai jamais vu quelqu’un ressembler au Prophète dans sa façon de traiter avec les gens, ou dans son  caractère autant que Fatima ». Elle a également dit : « Je n’ai jamais vu quelqu’un ayant une démarche plus proche de celle du Prophète ﷺ, quel Fatima ». Sayyda ‘Aïsha a également dit : « En dehors du Prophète Muhammad, je n’ai jamais vu quelqu’un de plus honnête ni de plus modeste que Fatima ».

Imaginez sa maturité. Lorsqu’elle avait 18 ans, le Prophète ﷺ avait neuf épouses. Elle n’a jamais médit sur l’une d’entre elles ni n’a proféré des propos déplaisants à leur égard.

Elle avait une énorme quantité de patience. Elle a traversé beaucoup d’épreuves. Sa mère est morte quand elle était jeune, et elle a vu son père qui était connu comme étant « le véridique et digne de confiance » (al-Amine) être frappé et blessé. Et elle a vécu la mihna, la torture et l’oppression par les Quraysh. Quand son père émigra il du la laisser derrière et plus tard elle pu le rejoindre. Elle a perdu ses trois sœurs et tous ses frères sont morts. Elle a vu son père alors qu’il était en train de mourir entre ses mains. Elle connut aussi la faim avec son mari ‘Ali (‘alayhi as-salâm) car ils étaient pauvres, mais malgré tout cela, elle demeura patiente.

Elle fut également l’une des rares personnes à avoir traversé les étapes de l’Islam à partir du moment où son père devint un prophète, jusqu’à sa mort.

Début de la vie de Sayyida Fatima az-Zahra à La Mecque :

Depuis sa naissance et jusqu’à ces 5 ans, elle avait l’habitude de voir son père monter à la grotte. Elle voyait sa mère donner de la nourriture à son père, le réconforter, puis ils revenaient. Un jour, alors que son père rentrait de la grotte, elle le trouva  frissonnant et disant : « couvrez-moi, couvrez-moi » ce jour où son père rencontra pour la première fois l’ange Jibril et qu’il devint Prophète et Messager pour l’Humanité. Après être devenu un Messager, le Prophète rassembla tous ses parents (famille) et il se mit à dire : « Ô Banu Hashim sauvez-vous du Feu, Ô Banu` Abdul-Muttalib sauvez-vous du Feu! Ô Abbas, (l’oncle du Prophète) sauve-toi du Feu! O Safiyya (la tante du Prophète), sauve-toi du Feu! Ô Fatima, fille de Muhammad, sauve-toi du Feu de l’Enfer, car je ne puis rien pour vous tous auprès d’Allah … » [12]. Elle avait cinq ans à l’époque, et dès ce moment-là, elle décida qu’elle voulait devenir Musulmane, soumise à Allâh et aider son père et non uniquement se contenter d’être juste la fille du Prophète.

Sayyida Fatima az-Zahra avait pour habitude de toujours suivre ou accompagner son père partout où il allait et elle essayait toujours de l’aider s’il avait besoin de quoi que ce soit, ou de le protéger si quelqu’un essayait de lui faire du mal, et ce, alors qu’elle était âgée de seulement 6 ou 7 ans. Elle avait l’habitude d’assister à son père lorsqu’il était blessé et frappé. Quand nous lisons la Seerah du Prophète ﷺ, on constate qu’à chaque fois qu’il se trouvait dans une situation préjudiciable, Fatima était systématiquement là pour l’aider. Son temps n’était pas dépensé à jouer avec les filles de son âge, mais plutôt à s’occuper de son père.

Une fois, alors que son père était en prosternation (soujoud), elle vit `Uqba ibn Abi Mu`ayt venir et déverser les entrailles d’un animal mort sur le dos du Prophète pendant qu’il était en train de prier. Le Prophète ﷺ demeura dans sa position, et Fatima courut vers son père et retira la saleté de son dos tandis qu’elle pleurait. Il est arrivé de nombreuses fois que le Prophète ﷺ entre dans sa maison recouvert de terre, parce que les mécréants lui jetaient de la terre. Sayyida Fatima az-Zahra courait vers lui avant ses autres sœurs et elle commencerait a essuyer la saleté qu’il avait après lui, tout en pleurant. Et le Prophète ﷺ lui disait : « Ne pleure pas ma fille, car Allâh rendra ton père victorieux ».

Elle fut également témoin de la situation de son père et de sa mère lorsqu’ils furent entourés et isolés dans Shi`b Abi Talib (une sorte de prison où les Quraysh plaçaient tous les Musulmans dans une zone du désert) pendant trois ans, et tout ce qu’elle mangeait était les feuilles des arbres. Elle avait 13 ans à l’époque. Donc, de 13 à 16 ans, elle était a Shi`b Abi Talib, mangeant les feuilles des arbres avec les Sahaba. Et après que cela fut terminé, elle tomba sous le choc de constater que sa mère était en train de mourir. Après environ deux ou trois mois, sa mère Khadija décéda. Elle était à ce moment-là une jeune fille de 16 ans et tandis que sa mère était en train de mourir elle a dit : « Par Allah, je peux seulement dire : « Nous appartenons à Allah et à lui nous reviendrons, Ô Allah récompense-moi pour la mort et la perte de ma mère, Ô Allah, je ne sais pas si je devrais être bouleversé par la mort de ma mère ou si je devrais être heureux en ce qui concerne ce qu’elle a reçu de bonnes nouvelles du Paradis ». Juste avant que Sayyida Khadidja ne meure, Jibril descendit en effet vers le Prophète ﷺ et lui dit : « Annonce la bonne nouvelle à Khadidja d’un palais dans le Paradis. Et préviens-la que Allah lui passe le salam ». Subhan Allâh !

Après le décès de Khadidja et de l’oncle du Prophète Abu Talib, les mauvais comportements envers le Prophète ont augmenté. Un jour, dix mécréants se réunirent autour du Prophète et l’un d’eux commença à le frapper, puis un autre. Alors Sayyida Fatima az-Zahra est venu et a dit : « Malheur à vous, vous persécutez mon père après la mort de ma mère et de mon oncle, par Allah je vais vous jeter des pierres avec ces cailloux », ce qu’elle fit. Le Prophète ﷺ lui dit : « Ménage-toi, car en vérité, Allah rendra ton père victorieux ».

Son père émigra à Médine avant elle, parce que s’il lui avait permis d’y aller avant lui, les Quraysh auraient su et s’il l’avait prit avec lui, elle aurait été en danger. Donc, elle resta en arrière et le rejoint plus tard à Médine.

A chaque fois que l’une des épouses du Prophète avait besoin de quelque chose, elles disaient à Fatima : « Dis au Prophète que j’ai besoin de ci ou de cela. »

A Médine, alors qu’elle avait maintenant 18 ans, les hommes commençaient à venir vers son père pour demander Fatima en mariage. Ils voulaient tous être liés au Prophète ﷺ. Abu Bakr, puis `Umar ibn al-Khattab, puis` Abdur-Rahman ibn `Awf, qu’Allah soit satisfait d’eux, tous vinrent demander la main de Fatima et le Prophète ﷺ d’une manière douce refusa leurs propositions. Les Ansar commencèrent alors à dire à `Ali : « Pourquoi ne demandes-tu pas la main de Fatima? » Il répondit : « Je ne possède pas grand-chose ». Ils répliquèrent : « Mais le Prophète t’aime ». Alors, il s’en alla et vint s’asseoir en face du Prophète ﷺ sans dire un mot. Le Prophète ﷺ lui dit : « Pourquoi es-tu silencieux Ô ‘Ali? » Il resta muet. Le Prophète ﷺ lui demanda : « Peut-être es-tu venu pour demander la main de Fatima? » Il répondit : « Oui, c’est cela, c’est bien cela ». Le Prophète ﷺ dit alors : « Possèdes-tu quelque chose afin de l’épouser? » Il répondit : « non, Ô Messager d’Allâh ». Le Prophète ﷺ dit : « N’as-tu pas ce dir’ (bouclier) que je t’ai donné une fois? » Il répondit : « Oui, mais il ne vaut pas plus de 250 dirhams ». Le Prophète ﷺ répondit : « Cela suffit pour que je te laisse l’épouser ». ‘Ali apporta le dir’ au Prophète ﷺ, et le Prophète ﷺ le vendit pour lui et vont avec 250 dirhams, et il donna une partie de cet argent à Bilal et dit : « Ô Bilal, achète avec ça un peu de parfum pour Fatima », et il donna le reste de l’argent à Ummu Salamah et dit : « Avec cela, va acheter des vêtements pour Fatima ainsi que ce qui est nécessaire pour une mariée ».

Sayyidina ‘Ali revint après un jour ou deux et dit : « Ô Messager d’Allâh, j’ai payé le mahr (dot), quand vais-je pouvoir épouser Fatima? » (Il était gêné). Le Prophète ﷺ répondit : « Aujourd’hui, si tu le souhaites. » Il dit : « Oui, Ô Messager d’Allâh ». Ils invitèrent donc les gens et abattirent un animal. Le Prophète ﷺ dit : « Si une personne vient à vous et que vous êtes satisfaits de son deen (religion) et de son caractère, alors mariez-la, autrement cela créera de la fitna (troubles/tentations) sur la terre et un grand mal (fassad) ». Ceci est facilement constatable aujourd’hui. Fatima monta sur un chameau, et ‘Uthman le dirigea, tandis que les Sahaba avaient leurs épées levées en forme de célébration. Les femmes entouraient Fatima, et quelques Anasheed furent chantés.

Par la suite, ‘Ali et Sayyida Fatima az-Zahra entrèrent dans leur modeste maison qui était éloignée du centre-ville, car financièrement, ‘Ali ne pouvait se permettre plus. Alors qu’ils étaient sur le point d’entrer à l’intérieur, le Prophète a dit (dans le sens) : « Ô ‘Ali ne te rapproche pas d’elle jusqu’à ce que je vienne te voir ».  ‘Ali répondit : « Je me suis donc assis d’un côté de la maison tandis que Fatima était assise de l’autre côté ». Lorsque le Prophète arriva, il plaça sa main sur celle de Fatima, et il commença à réciter le dou’a suivant : « Ô Allâh, Fatima est une partie de moi, Ô Allah Fatima est aimée de mon cœur, Ô Allah ‘Ali est mon frère et celui que j’aime le plus, Ô Allâh donne leur la baraka (une augmentation de tout ce qui est bon), bénis-les et unis-les sur le bien, Ô ‘Ali place ta main sur la tête de Fatima et dit : « Ô Allâh, je te demande le bien qu’il y a en elle, et pour le bien pour lequel elle a été créée, et je cherche refuge en toi contre son mal, et le mal pour lequel elle a été créée, Ô ‘Ali, qu’Allah mette la baraka entre vous », puis le Prophète ﷺ se leva pour partir leur dit alors : « Que diriez-vous de vous lever tous les deux et de prier deux raka`at ensemble », il ferma ensuite la porte. Ce fut le début de leur mariage.

Leur premier problème fut que leur maison était loin de celles du Prophète qui se situaient sur des terres appartenant à Haritha Ibn al-Nu`man. Chaque fois que le Prophète ﷺ se marierait, Haritha lui donnait des terres comme cadeau. Le Prophète ﷺ était trop gêné pour lui demander une terre pour Sayyida Fatima az-Zahra. Alors Haritha lui demanda : « Ta fille Fatima ne te manque-t-elle pas? » Le Prophète ﷺ répondit : « Oui, mais j’étais trop gêné pour demander, car tu nous as déjà tant donnés ». Haritha dit alors : « Par Allah, cette terre que je te donne je l’aime plus que la terre que je garde pour moi, alors prend ce morceau de terre pour eux ». Le Prophète ﷺ dit : « En retour, Allâh t’a accordé un palais dans le Paradis ».

 ‘Ali était pauvre, et ils étaient fatigués de leurs responsabilités, il vint un jour en disant :  « Oh mon dos, il souffre de porter toute cette eau si lourde » et Fatima dit : « Oh mes mains » alors ‘Ali lui dit : « J’ai entendu dire que le Prophète a un groupe de serviteurs, pourquoi ne pas aller lui demander? » Ils allèrent donc le voir, mais ce dernier leur répondit : «  Non par Allah, ces serviteurs je vais les vendre et utiliser l’argent pour aider ceux qui sont dans le besoin plus que vous – les gens de Suffah (très pauvres) ». Ils rentrèrent donc chez eux. Plus tard, le Prophète ﷺ vint frapper à leur porte. ‘Ali ouvrit tandis que Fatima était encore couchée dans son lit, elle essaya rapidement de se lever, mais le Prophète lui demanda de ne pas bouger, et il vint s’asseoir entre eux sur leur lit. Il leur dit alors : « Je vais vous donner ce qui est mieux qu’un serviteur : Lorsque vous entrez dans votre lit, dites SubhanAllâh 33 fois, et al-hamduliLlâh 33 fois et Allâhu Akbar 34 fois [13], Allah te suffira d’avoir besoin d’un serviteur ». ‘Ali dit : « Par Allah après avoir prononcé cela, Allâh nous augmenta de manière à ce nous n’ayons plus besoin d’avoir un serviteur pour nous aider. » ‘Ali a dit plus tard : « Je n’ai jamais manqué de le faire depuis que le Messager de Dieu, , nous l’a enseigné. »

Un jour, le Prophète ﷺ vit que le visage de Fatima était jaune à cause de la faim, il dit : « Ô Allâh, celui qui apaise la faim, ne laisse pas Fatima avoir faim ». Il était le Prophète d’Allâh, et tout ce qu’il pouvait faire pour sa fille était de faire du`a pour elle. Même si Fatima et ‘Ali étaient pauvres, ils avaient étaient heureux dans leur mariage. Lorsque le Prophète ﷺ allait leur rendre visite, il pouvait entendait leurs rires depuis l’extérieur.

Une fois, alors que le Prophète ﷺ allait leur rendre visite, il ne trouva sur place que Fatima, il demanda donc où était ‘Ali. Fatima répondit : « Il m’a contrarié et il a quitté la maison ». Il le trouva ensuite endormi dans le masjid, couvert de poussière. Le Prophète ﷺ le réveilla tout en le dépoussiérant : « Lève toi père de poussière ». Le Prophète ne leur demanda pas le propos de leur dispute. Il dit à ‘Ali : « Accompagne-moi à votre domicile ».

Une fois, on proposa à saydinna ‘Ali d’épouser la fille d’Abou Jahl, Juwayriyah bint Abu Jahl. Le Prophète ﷺ monta sur la chaire et dit : « Je ne rends pas haram ce qui est halal, et je ne rends pas halal ce qui est haram, mais il n’est pas possible que la fille de l’ennemi d’Allah s’unisse à la fille du Prophète d’Allâh dans une maison. » ‘Ali revint et dit : « Ô Fatima peut-être t’ai-je blessé avec cela, peux-tu me pardonner? » Elle répondit : « Oui, je vais te pardonner Ô ‘Ali. » Et le problème fut résolu. Deux mois plus tard, elle fut enceinte de al-Hassan. Ils eurent quatre enfants [14], Hassan, Hussayn, Muhsin (qui décéda très peu de temps après la naissance) et Umm-Kulthoom. Chaque fois qu’un enfant naissait, le Prophète ﷺ demandait à ‘Ali : « Ô ‘Ali quel nom avez-vous donné à l’enfant ? », ‘Ali répondit : « Nous l’avons nommé Harba (Guerre) ». Le Prophète ﷺ dit alors : « Vous pourriez le nommer Hassan, qu’en pensez-vous ? », et c’est ainsi qu’ils l’appelèrent. La même chose se produit pour leur second bébé qu’ils souhaitèrent appeler Harba et le Prophète leur proposa « Hussayn », ce qu’ils acceptèrent.

Lorsqu’elle avait 28 ans, son père mourut ﷺ . Ce fut pour elle une période très difficile . Lorsqu’elle lui rendait visite alors qu’il était vraiment fatigué et malade, il était incapable de se lever et de l’embrasser, comme à son habitude ce qui la fit pleurer. Le Prophète ﷺ dit : « Approche ton oreille près de moi Ô Fatima », il murmura alors quelque chose à son oreille, puis elle se mit à pleurer. Le Prophète ﷺ dit encore : « Approche ton oreille près de moi Ô Fatima », il murmura alors quelque chose à son oreille, puis elle se mit à rire. Plus tard après la mort du Prophète ﷺ, ‘Aïsha lui demanda ce qu’il lui avait chuchoté à l’oreille…Tout d’abord , il a dit : « O Fatima , je vais mourir ce soir », et j’ai pleuré, et lorsqu’il ma vue pleurer, il a dit : « N’es-tu pas satisfaite alors que tu seras la première parmi les gens de ma famille à me suivre et alors que tu seras la Sayyidat [14] des femmes du Paradis ? », et j’ai ri.

Anas Ibn Malik (RA) fut l’un des Sahaba qui enterrèrent le Prophète ﷺ et il rapporte : « Lorsque je revins, je vis Fatima en face de moi et elle dit : « Comment as-tu pu mettre de la terre sur le visage du Prophète? » Anas a dit : « Elle m’a regardé puis elle commença à pleurer et elle s’en alla. »

Elle mourut six mois après le Prophète ﷺ, qui décéda alors qu’elle était âgée de 28 ans. Elle fit deux demandes auprès de Sayyidina ‘Ali. La première était que, après sa mort, il épouse Umamah (la fille de sa sœur) car elle serait plus affectueuse avec Hassan et Husayn . La seconde était « Quand tu m’enterreras, couvre-moi bien, je ne veux pas que quelqu’un puisse voir quoi que ce soit de moi, et enterre-moi pendant la nuit, car je suis gêné par la multitude des participants. »

Sayyida Fatima az-Zahra mourru alors qu’elle avait 29 ans [16], et selon ses instructions, elle fut enterrée durant la nuit, un mardi 20 de Ramadan, 11 années après la Hijra. Elle a été enterrée dans Jannat al-Baqee`, et ‘Ali (r) fut très affecté par sa mort et pleura énormément.

Paix et Bénédictions sur le Prophète Muhammad, sa Famille et ses Compagnons.

 

Notes :

[1] D’où le surnom du Prophète : Abu l-Qaçim
[2] Tahir et Tayyib, c’est-à-dire : le pur, le bon

[3] Certains comme ibn Kathir (dans Histoire des Prophètes) ont rapporté que Tahir et Tayyib seraient en fait deux enfants différents. L’un serait ‘AbduLlâh (Tayyib) et l’autre Tahir, ce qui porterait le nombre des garçons du Prophète ﷺ à quatre. Wa Allâhou a’alam.

[4] Ibrahim naquit en l’an 8 de l’hégire à Médine de l’union du Prophète ﷺ et de Maria la Copte. Il décéda à deux ans en l’an 10 de l’hégire et fut enterré au cimetière de Baqii. Il est rapporté que son décès entraina énormément de tristesse chez le Prophète comme en témoigne ce Hadith : « Les yeux versent leurs larmes, le cœur est meurtri de tristesse, mais malgré cela, nous ne prononçons que ce qui plaît à notre Seigneur. Certainement, nous sommes tristes de devoir te quitter, ô Ibrahim ! » (Boukhari).

[5] Zaynab est née alors que le Prophète ﷺ avait trente ans. Elle était la plus âgée de ses filles. Zaynab décéda du vivant de son père en l’an 8 de l’hégire.

[6] Ruqayyah fut d’abord mariée à Utbah ibn Abi Lahab, mais elle le quitta après la révélation de la sourate : « Que périssent les deux mains d’Abu-Lahab et que lui-même périsse. Sa fortune ne lui sert à rien, ni ce qu’il a acquis. Il sera brûlé dans un Feu plein de flammes. De même sa femme, la porteuse de bois, à son cou, une corde de fibres » (111:1-5). En effet, dans le but de se venger, Abu Lahab demanda à ses fils Utbah et Uteybah de divorcer des filles du Prophète ﷺ. Sans que les mariages aient été consommés, les fils d’Abu Lahab divorcèrent de leurs épouses. Roqiya se maria alors avec ‘Uthman ibn Affan à la Mecque avec qui elle émigra en Abyssinie puis à Médine.

[7] Umm Khalthum est née à La Mecque six ans avant la prophétie. Elle se maria avec Uteybah fils d’Abu Lahab. Pour les mêmes raisons que son frère, Uteybah divorça de sa femme (cf. n° [6]). Uthman ibn Affan se maria alors avec elle après le décès de sa sœur Roqiya, en l’an deux de l’hégire. Umm Khalthum rendit l’âme au mois de Shaabane, en l’an 9 de l’hégire.

[8] At-Tabarani a rapporté avec une chaîne de transmission authentique, d’après Djaabir (qu’Allah soit satisfait de lui) que le messager d’Allah ﷺ a dit : « Les Sayyidates des femmes parmi les habitants du Paradis après Maryam la fille d’Imraane sont : Fatima, Khadijah et Aassyah l’épouse de Pharaon ».

[9] At-Tirmidhî, Ahmad et Al-Qadi ‘Iyyad dans le Kitab ash-Shifa’
[10] At-Tabarani
[11] Dans al-Boukhari, chapitre : Hadith al-Anbiya, 3216
[12] Muslim, n°303
[13] Ce qui fait un total de 100. Rapporté par Boukhari et Muslim
[14] Dans Fadhâ’il al-A’mâl, il est cependant rapporté qu’ils eurent 6 enfants (3 fils et 3 filles), wa Allâhou a’alam
[15] Sayyidat : Maîtresse ou Reine
[16] At-Tabari, vol.10 page 39


Bonus : 

Voici les 3 conseils que donne Sayddi Sheykh ‘Umar al-Habib ibn Hafidh à celles et ceux qui désirent être connectés avec notre Mère Sayydatina Fatima az-Zahra (qu’Allâh soit satisfait d’elle) :

  1. Rejeter tout ce qui entre en contradiction avec la timidité et la modestie
  2. Être content et satisfait par les choses simples en termes de subsistance
  3. Être constant dans son Tasbih “Fatimi” avant de se coucher (33x SubhanAllâh, 33x al-hamduliLlâh et 34x Allâhu Akbar)

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