Les 4 Catégories de Foi

 

Ustaadh Ahtishaam

 

 

Les 4 Catégories de Foi

 

 

La Foi (al-Imane) est ce que nous avons de plus précieux, mais malgré cela, c’est quelque chose que nous négligeons. Nous n’en prenons pas assez soin. La Foi est un cadeau donné par Allâh Ta’ala et Il nous invite à bien nous en occuper, à la maintenir, à la renforcer, à l’embellir et le plus important, Il veut que nous retournions à Lui en sa possession! Et il s’agit d’un facteur important puisqu’il déterminera si oui ou non nous rentrerons au Paradis.

Tous les croyants souhaitent préserver leur Foi, mais tous n’y parviennent pas. Dans un premier temps, il convient de savoir situer quel type de Foi on possède pour ensuite pouvoir progresser.

 

Il existe 4 Catégories de Foi :

 

1/ Feuille
2/ Herbe
3/ Arbre
4/ Montagne

Et la Foi de chacun d’entre nous se trouve dans l’une ou l’autre de ces catégories.

 


La Foi comme la Feuille :

feuilleQuand la feuille tombe sur le sol, elle peut s’envoler avec le vent. Et lorsque le vent souffle elle s’en va dans d’une direction puis si le vent souffle dans une autre direction, elle suivra. Aussi longtemps que le vent souffle, la feuille vole et se déplace jusqu’à l’arrêt du vent. La personne qui a ce type de Foi est un coup dans l’obéissance d’Allâh puis le coup suivant elle est dans la désobéissance. Ainsi, si la société, la famille, les proches, le travail ou l’entourage lui demande une chose qui contredit ce qu’il convient de suivre en Islam, cette personne le fera quand même.  Celui qui a cette Foi accomplit tout ce dont il a envie, selon ce que lui dicte son égo (nafs) et ce qui plait aux gens.

Mais où se posera-t-elle ?

Le Nafs est comme une tempête, une ivresse, qui quand il souffle, vous emporte là où le souhaite.

Quels sont les effets ?

Ceux qui ont une Foi comme la feuille suivent leurs désirs et leurs passions qui leur dictent quoi faire et où aller. Ils ont la Foi, mais elle est faible et lorsque le vent se lève et qu’il leur commande d’agir, ils se soumettent et suivent leur Nafs ou la culture, la tradition, la société, la mode, les normes de l’époque, ce que leur impose leur situation financière, etc.

Quels sont les dangers ?

Le principal danger est qu’un jour le vent de la tempête Satanique souffle assez fort pour que la personne soit déplacée en dehors de la terre, déposée très loin sur la mer de la désobéissance, voire pire, celle de la mécréance ! Beaucoup de gens ont perdu leur Foi de cette manière. Il en est ainsi de celui que le vent déplace de la prière de Subh vers la mer du sommeil et qui loupe ainsi intentionnellement ses prières obligatoires, ce qui le rapproche dangereusement du kufr.

Par contre, si le vent de la piété souffle vers lui, il ira aussi de ce côté là.

 


La Foi comme l’Herbe :

herbeLes racines de l’herbe (ou de la jeune pousse) sont dans la terre et c’est pour ça que l’herbe tient. Quelque soi la direction où souffle le vent, l’herbe bouge en surface à cause des rafales de vent. Si le vent souffle à droite, l’herbe ne peut rester droite et elle se plie vers la droite en fonction du vent. Le vent représente ici la pression des gens et de la société. Extérieurement, les gens qui ont une Foi en herbe peuvent être d’accord avec les gens et ils peuvent faire des choses qu’il ne faut pas faire, mais intérieurement, ils savent que c’est mal. Cette Foi est plus solide que celle en feuille. Ils ont la Foi mais ils subissent la pression et craignent leurs désirs et les gens. Extérieurement, ils acceptent ce que disent les gens (famille, travaille, ami(e)s…) ou Shaytan, et pensent qu’il faut agir selon l’époque, mais intérieurement ils savent que c’est faux et leur Foi est ballottée de gauche à droite.

Quels sont les effets ?

La personne veut suivre la Sunnah, mais si par exemple sa femme refuse qu’il fasse telle ou telle chose (porter une barbe, manger à même le sol…) ou que sa famille risque de le boycotter s’il suit telle ou telle Sunnah, alors il préfère abandonner cette Sunnah et suivre les gens. Dans son cœur, il sait que c’est mal et il y a un combat interne.

Quels sont les dangers ?

C’est le vent qui détermine la direction, mais comme les racines sont en terre, ça tient quand même, cependant si le vent souffle très fort, l’herbe peut être arrachée, de même qu’elle peut être piétinée et endommagée à cause de la pression sociale et des calamités qui surviennent. L’herbe peut aussi s’assécher ou brûler sous la chaleur des tests d’Allâh ‘Azzawajal. C’est une situation dangereuse pour la personne.

2 points importants :

1/ si on invite ces gens par la daawah, qu’on les aide à acquérir des connaissances et qu’on leur fourni des conseils sincères, ils pencheront vers cette voie, car leurs racines sont dans la terre. C’est donc une Foi qui demeure bénéfique.

2/ ces gens trouvent encore davantage de bénéfices à rester en compagnie des pieux et à se joindre aux assemblées des gens qui sont fermes et droits. Ils ont le bien en eux, mais c’est l’influence extérieure qui les met sous pression et les fait pencher ci ou là entre le bien et le mal. S’ils demeurent en compagnie de gens pieux, leur Foi pourra bien se développer, devenir brillante et étincelante.

 


La Foi comme l’Arbre :

arbreC’est une Foi qui est très forte. Son état précédent était celui de l’herbe (jeune pousse), puis elle a poussé pour devenir une plante et enfin un arbre. Cette Foi en arbre a la particularité d’avoir des racines très profondément encrées dans la terre. Lorsque le vent souffle, leur Foi n’est pas affectée. La personne ne cède pas à ses désirs ou à son nafs, elle demeure ferme.

Quels sont les effets ?

Malgré tout, les arbres restent influencés par leur environnement, en fonction des saisons, on les voit tantôt verdoyants, tantôt, qui perdent des feuilles rouges, tantôt totalement dépourvus de feuilles comme en hiver ou bien encore complètement secs en période de canicule. À la fin du Ramadan, une personne peut être verdoyante, elle bénéficie de ses prières, de son dhikr, etc. puis au fil des saisons, elle abandonne ces bonnes choses, comme l’arbre perd ses feuilles, elle perd l’amour qu’elle avait à prier, ne ressent plus la paix intérieure qu’elle éprouvait dans ces moments là, etc. La paix ressentie n’est pourtant qu’un test venant d’Allâh, car on prie ou Allâh, quel que soit ce qu’on ressent et on ne prie pas pour ressentir quelque chose. Tant que tout ce passe bien, cette personne prie bien, même des surérogatoires, verse l’aumône, etc. en de disant qu’Allâh est satisfait de lui, mais si Allâh lui donne des épreuves et que dans son quotidien tout ne se passe plus comme prévu, alors la personne se détourne, devient paresseuse, etc.. C’est une forme de shirk puisqu’inconsciemment ses adorations étaient liées aux bénéfices qu’elle pouvait en tirer dans cette vie-bas (confort matériel, sensations de bien-être, travail agréable, etc..). Pour rappel, le Musulman n’est pas adorateur d’un état, de sensations ou de sentiments, il est adorateur d’Allâh, quelque soit son état ou quelques soient les sensations qu’il éprouve. C’est un moyen pour Allâh de nous tester. Prenez bien garde à cela.

Lorsqu’une épreuve arrive ou selon les saisons, cette personne gardera une Foi solide, mais la beauté de sa Foi diminuera jusqu’à parfois être très abimée. Il faut faire attention, car une forte tempête est susceptible de déraciner un arbre et de le complètement le coucher !

 


La Foi comme une Montagne :

montagneLe type de Foi le plus élevé est celui qui est comparable à une montagne. Si on observe la montagne, une de ses caractéristiques est qu’elle est conçue pour demeurer fermement à sa place. L’alternance des saisons, la plus forte des tempêtes ou bien même un tremblement de terre n’auront aucun effet sur les montagnes. Elles demeurent en place. Lorsqu’on entend les récits des Compagnons et de leurs successeurs, on constate de suite qu’ils étaient comme des montagnes. Lorsqu’une Sunnah leur était présentée, ils ne disaient pas « pourquoi telle chose », ils l’adoptaient de suite, peu importe ce que pouvait penser leur épouse, leur famille ou la société. Nous avons nous aussi la capacité d’atteindre cette Foi, à notre niveau grâce à l’apprentissage et à l’entrainement. Si une épreuve atteint celui qui a cette Foi, cela le rend encore plus ferme et plus proche d’Allâh, de même que le soleil, la pluie ou la neige n’affectent pas la montagne et qu’au contraire cela la nettoie et la rend encore plus pure. Celui qui a cette Foi place toute sa confiance en Allâh et dit : « Ô Allâh, c’est à Toi que nous appartenons, et ce, pour toujours ! ».

 

Conclusion :

Quel que soit le type de Foi que nous ayons aujourd’hui, nous devons nous rappeler que le propos n’est pas de courir un sprint, mais de progresser et de demeurer ferme jusqu’à notre mort. Même en ayant atteint le niveau de la Foi en montagne, le danger demeure, la paresse peut apparaitre et c’est pourquoi il faut continuellement lutter et combattre pour atteindre le plus haut degré de Foi puis demeurer ferme sur ce degré.

Si à la fin du Ramadan vous sentez que votre Foi a augmenté, alors continuez à exceller dans votre comportement, en ne criant plus sur les gens, en éliminant toute forme d’agressivité, en arrêtant de vous moquer des gens, etc. Lorsque vous franchissez le seuil de votre maison endosser le manteau de la sagesse, montrez de l’amour, de la compassion, non seulement avec votre famille proche, mais aussi avec celle des autres.

 

Qu’Allâh nous accorde le progrès,
Qu’Allâh nous accorde une Foi comparable à une montagne.
Qu’Allâh la constance et la fermeté,
Qu’Allâh nous accorde Son Agrément,
Ameen.

Wa Allâhou a’alam,
Ustaadh Ahtishaam

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