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Puis-je travailler comme policier dans un pays comme la France ?

 

Ustadh Salman Younas

 

 

 

Question :

As salamu ᶜalaykoum,

En tant que Musulman, puis-je travailler comme policier dans un pays tel que la France ? [1]


Réponse :

As salamu ᶜalaykoum

Oui, il est permis d’être policier. En fait, le rôle du policier comprend un certain nombre d’aspects louables et récompensés, comme le fait d’aider les gens, de faire respecter l’ordre, de prévenir le mal, etc..

Chacune des actions citées ci-dessus a été louée par Allâh et Son Prophète ﷺ, comme indiqué dans le verset Coranique : « Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété » [2] et le récit prophétique concernant le fait d’aider à la fois l’oppresseur (injuste – zalim) ou celui qui est victime d’injustice. [3]

Ainsi, quiconque devient policier en ayant pour intention d’accomplir ces commandements religieux, s’en verra récompensé.

Ustadh Salman Younas

– Réponse vérifiée et approuvée par le Sheykh Faraz Rabbani, puis traduite et publiée sur notre site avec son autorisation –

 


Notes :

Ustadh Salman Younas est diplômé de l’Université de Stony Brook avec une licence en Science Politique et en Études Religieuses. Après avoir étudié les sciences Islamiques en ligne et avec les savants locaux à New York, le Professeur Salman est parti à Amman (Jordanie) où il a étudié la Loi Islamique, la méthodologie Juridique, la Croyance, la méthodologie du Hadith, la logique, la langue Arabe, et l’Exégèse (Tafsir).

[1] Dans la Fatwa originale, il est question du Canada.
[2] Qour’an : s5, v2
[3] L’un en l’empêchant d’être injuste et l’autre en lui portant secours

Ps : Le Mufti ibn Adam al-Kawthari (UK) rajoute : « Cependant, si le fait de devenir un agent de police découle que quelqu’un soit impliqué dans quelque chose qui est contraire à la Sharia, il ne sera alors pas permis d’exercer cette profession. S’il y a des principes qui sont contre les enseignements islamiques, mais qu’on peut les éviter, alors il serait permis de devenir un officier de police. Nous voyons les Sikhs, par exemple, qui évitent certaines règles et principes, et qui arrivent malgré tout à porte leur turban. Par conséquent, ce qui précède est le critère sur lequel on doit décider de prendre cette profession. La décision peut changer d’un individu à l’autre et d’un pays à l’autre. »

Ps : Nous rajoutons : La Police ne se limite pas au métier de gardien de la Paix. Il y a par exemple la protection rapprochée, le secourisme en montagne, la brigade des stupéfiants, la protection de la famille, les maitres chiens, formateurs en sport et défense, la police scientifique, les unités nautiques, la sécurité routière, le renseignement, la cybercriminalité, la brigade équestre, les mœurs, etc. Bref, pleins de métiers susceptibles d’être utiles aux gens et en accord avec nos principes moraux et religieux. Chacun doit étudier le métier dans lequel il souhaite s’engager et faire une évaluation lui permettant ensuite de faire un choix réfléchi et apaisé. 

Lettre à l’Occident : nous avons juste à apprendre à vivre ensemble

Sheykh Habib ‘Ali al-Jifri

AliJifri

 

Ceci est une lettre destinée à l’Occident, en particulier à ses penseurs, à ses universitaires et à ses faiseurs d’opinions. La publication d’une nouvelle série de caricatures du Prophète Muhammad (salallâhou ‘alayhi wassalaam) dans la foulée des attentats de Paris est regrettable. Pour beaucoup de gens, cela a démontré une similitude entre le processus de pensée de ceux qui ont perpétré ces attaques et des éditeurs. Tous deux semblaient souscrire à l’idée d’un choc des civilisations.

Les caricatures n’étaient pas un acte de liberté d’expression absolu. Toute société impose des limites à la liberté d’expression. En général, tout ce qui incite à la haine est interdit par la loi. Par exemple, la loi française de 1972 (loi Pleven) interdit tout ce qui provoque la haine et la discrimination raciale. Son gouvernement actuel travaille d’ailleurs sur une loi visant à criminaliser la négation du génocide arménien de 1915. Même Charlie Hebdo avait ses limites. En 2008, le journal a renvoyé le caricaturiste Maurice Sinet (dit Siné) pour une chronique (jugée) antisémite.

Il y a des restrictions ailleurs en Europe aussi. La glorification du nazisme est interdite au Danemark. En 2005, l’historien britannique David Irving a été condamné pour négation de l’Holocauste par un tribunal autrichien et condamné à trois ans pour les discours qu’il a tenus en 1989. En 2003, le quotidien danois Jyllands-Posten a refusé d’imprimer les caricatures de Jésus-Christ parce que cela aurait « provoqué un tollé ».

Il est donc clair que certaines considérations morales et éthiques imposent des limites à la liberté d’expression en Occident. Par conséquent, pourquoi ne pas reconsidérer les provocations faites à l’encontre d’une communauté minoritaire déjà malmenée en Europe?

Les caricatures valorisent le récit utilisé par les extrémistes. Il y a dans la communauté musulmane des sections influençables qui peuvent être attirées vers l’extrémisme simplement après avoir prêté l’oreille à la manière dont les extrémistes traitent la question. Les terroristes exploiteront toujours la liberté d’expression afin de conduire nos sociétés vers un véritable choc des civilisations. Cela ne mérite-t-il pas d’être pris en considération?

Les lois contre l’antisémitisme sont présentées comme essentielles afin de prévenir que l’histoire récente en Europe ne se répète. Jadis, le discours de haine de l’Holocauste fut utilisé pour dresser les gens contre la communauté Juive. De toute évidence, les arguments permettant de rendre l’antisémitisme hors-la-loi sont essentiellement d’ordre moral.

De même, légiférer contre toute agression envers les symboles des communautés religieuses minoritaires, dans ce cas précis, les Musulmans, pourrait aider à prévenir une répétition des massacres commis en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo. La séquence des événements qui ont conduit à ces tragédies a commencé avec les attaques de mosquées et avec l’augmentation des actes d’agressions envers les Musulmans.

En 2013, Olivier Cyran, un ancien employé de Charlie Hebdo, a écrit une lettre dans laquelle il a décrit comment au fil des ans le magazine à basculé vers le racisme et comment une « névrose islamophobe s’est progressivement installée (au sein de la rédaction) » après les événements du 11 septembre.

C’est un moment critique pour l’humanité. Deux choix sont possibles maintenant. Soit celui qui consiste à suivre un chemin qui mène vers le triomphe de valeurs comme la coexistence et l’acceptation respectueuse des différentes visions du monde. Soit celui de prendre la route qui permet aux extrémistes de nous conduire vers une guerre dans laquelle il ne peut y avoir de gagnant. Initions ensemble une révolution intellectuelle contre la politisation de la pensée religieuse et libérale et contre son utilisation pour allumer les flammes du conflit. Personne ne tire profit d’un conflit ,à l’exception de l’industrie de l’armement et de la droite extrême et religieuse.

J’aimerais que vous compreniez notre point de vue. Le prophète Muhammad est plus cher aux Musulmans que la vie de leurs enfants, celle de leurs parents ou que leur propre vie.

Bien que nous respectons et reconnaissons que l’Occident moderne ait été construit sur une vision particulière du monde et possède ses propres systèmes définis et son propre paradigme, nous avons nous aussi une vision du monde et un paradigme éthique, moral et spirituel qui la façonne. La question que nous devons vraiment nous poser est la suivante : sommes-nous prêts à accepter véritablement et respectueusement la diversité dans les visions du monde et tout ce que cela implique en termes de coexistence respectueuse?

Sheykh al-Habib ‘Ali Al-Jifri est un érudit religieux, fondateur de la Fondation Tabah, un institut de recherche situé à Abu Dhabi.
Article initilament publié en anglais sur Thenational.ae et traduit par Sunnisme.com