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Récit de la conversion de AmatuLlâh

 

 

Conversion

 

 

Assalam aleykoum wa rahmatoullah wa barakatou, !!!

J’ai découvert la rubrique qui parlent des reconversions, et cela faisait longtemps que j’avais envie de partager mon expérience alors merci de nous permettre de nous exprimer à ce sujet.

Voilà cela fait 6 ans maintenant que je me suis reconverti, à l’âge de 21 ans. Je me posais énormément de questions sur le sens de ma vie et ce qu’il pouvait y avoir après la mort.

Je viens d’une famille d’artistes athées, donc très loin d’un univers religieux. Mes parents sont séparés depuis que je suis bébé, et ma mère est en revanche un peu catholique et un peu bouddhiste; elle voulait que je me fasse baptiser quand j’eus l’âge de raison, elle m’a demandé si je voulais, mais je lui ai répondu que ce n’est pas ça qui me ferait rentrer au paradis, ce serait si je suis une personne qui fait de bonnes choses, pas qui a reçu de l’eau sur la tête. SoubhanAllah quand on est enfant on a vraiment une part de foi dans le cœur ! Du coup elle m’a laissé. Parfois elle m’emmenait à l’église, mais je trouvais ça vraiment sans intérêts et j’étais une fille très rebelle à la base. Mais rebelle surtout aux injustices et aux mensonges, il faut dire qu’ils pullulent à notre époque.

Malheureusement, cette rébellion s’est exprimée dans les soirées, une mauvaise attitude en classe, etc….Mais j’étais toujours là pour mes parents malgré des hauts et des bas dans mon tempérament, je leur ai toujours porté beaucoup d’affection.

Je voulais devenir comédienne et musicienne, trouver un sens un peu plus profond à ma vie que dormir, manger, travailler, payer ses impôts et mourir. Donc l’art me paraissait être un bon moyen pour toucher un peu la profondeur de l’être humain, et venant d’une famille d’artiste, j’avais ça dans le sang de toute façon.

A l’époque je suis parti de chez mes parents à 18 ans et j’avais mon appartement que j’avais du mal à payer ; j’étais alors obligée de travailler à l’usine, car la vie d’artiste, surtout au début, ça ne paye pas beaucoup^^. Ce travail à l’usine était très dur pour moi qui avait la tête pleine de rêves et d’idéaux, j’ai donc lâché mon appartement, tout ce qu’il y avait dedans et je suis partie en quête, La quête de vérité. J’avais alors 20 ans.

Avec mon ukulélé, et ma voix, j’avais dévidé de vivre en chantant dans la rue, et de voir où cela allait me mener. J’avais déjà une part de foi, dans le sens où j’avais confiance en une force supérieure que je n’appelais pas encore Allah, bien sûr, mais dont je savais déjà que quand on faisait un mal, il nous revenait, et de même lorsqu’on faisait un bien, et j’avais cette conviction que, partant à la quête de la vérité absolue, celle-ci ne pourrait pas m’abandonner.

En effet, j’ai vu la miséricorde d’Allah sur moi dès les premiers instants, j’avais beaucoup de pièces qui pleuvaient dans mon étui à ukulélé, et je trouvais ça anormal. Je ne sais pas comment dire, j’y voyais de la lumière, je pense que c’était la baraka, suite à ma démarche. SoubhanAllah ! Déjà je me posais beaucoup de questions, là encore c’était un signe pour moi, je ne demandais pas d’argent aux gens, moi je voulais leur donner un peu de joie de vivre à travers ma musique, et pour le reste je comptais sur une force plus grande…Mais l’argent pleuvait. SoubhanAllah ! Allah a toujours été là pour moi, j’ai rencontré des gens peu fréquentables, vraiment les pauvres, à cause de la drogue et tout, ils étaient dans une déchéance mentale et physique qui me faisait peur, mais grâce à Allah j’ai rencontré aussi d’autres gens bohèmes très gentils avec qui j’étais en sécurité.

Tout ça pour dire que j’ai commencé à avoir vraiment plus de foi à ce moment, j’ai vu que la force qui a créée l’univers, force à laquelle je croyais déjà en mon for intérieur, était là pour moi et m’aidait, car ma quête était noble.

Ensuite j’ai trouvé un petit travail dans un théâtre de marionnettes, et je me suis réinsérée dans la société, car j’avais alors compris que le chemin vers la vérité ne se ferait pas avec les pieds, mais avec le cœur.

J’étais en pleine réflexion, j’observais la nature, j’observais tout, j’essayais d’en tirer des conclusions pour trouver la vérité, j’étais hors du temps à ce moment-là, je me rappelle combien je luttais pour rester présente lors de discussions ou autres tellement j’étais dans ma tête partie très loin…Toujours en train de réfléchir, d’essayer d’écouter mon cœur dans telle ou telle circonstance, etc…
Et puis lors de soirées chez les amis, je rencontre une personne musulmane, non pratiquante, mais qui tenait à sa religion, on discute un peu, et moi, rebelle que j’étais, je m’indignais du fait que les religions soient inventées par les humains, que la femme soit oppressée… etc…

Puis à chaque fois, je revois cette personne, et un jour une autre personne musulmane qui m’apporte encore d’autres explications. Et puis là, à force, il y a des mots qui me marquent: « la femme est une fleur en Islam », « d’où peux-tu être sûre que tu dis vrai? » « La société d’aujourd’hui nous écarte de la vérité, la femme n’est pas soumise, mais est humble », « Dieu est unique »!

Là j’ai commencé à me dire, « attends, tu cherchais la vérité, et là tu es toujours orgueilleuse face à ce que tu ne connais pas, ce n’est pas comme ça que tu sauras un jour trouver la vérité. Écoute ton cœur, lui il saura et sois humble, à l’écoute, ça ne coûte rien ».

J’ai revu la première personne qui m’avait parlé de l’Islam et là je lui dis toute heureuse, » j’ai décidé de ne plus être orgueilleuse! », elle me dit, OK c’est bien, mais sans plus, alors que pour moi c’était très important, j’ai répétée  » non, mais tu ne te rends pas compte, j’ai décidé d’écouter ce que tu as à me dire sur l’Islam et de ne plus parler, j’ai décidé de ne plus être orgueilleuse ! C’est important comme changement! », lol.

C’était vraiment Allah qui avait ouvert mon cœur. À partir de là, il n’a plus arrêté de s’ouvrir, j’écoutais mon cœur et ma raison, je me disais que la vérité était au-delà de mes peurs et de mes passions, et que même si des choses ne me plaisaient pas en Islam, il fallait que j’aille voir jusqu’au bout, et je trouvais que c’était toujours juste, que c’était bon. SoubhanAllah, ensuite je croyais en un seul Dieu, et j’allais bientôt croire en Mohammed (sallaAllahou3leyhi wa salam), mais je posais la question « mais pourquoi il y a plusieurs religions, plusieurs prophètes, puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu? » Alors, on m’expliqua que le dernier prophète reconnut tous les prophètes précédents comme étant des prophètes du même Dieu prêchant la même religion depuis toujours. SoubhanAllah, tout a alors fais sens dans ma tête, la dernière pièce du puzzle était là et je me souviens avoir dit dans ma tête à Allah car je savais qu’Il entend tout  » ça y est je vais me reconvertir, je crois en Toi et je crois en tes messagers, accorde moi un peu de temps pour apprendre à faire la prière et tout, et je vais me reconvertir, maintenant je suis sûr que c’est la vérité ».

Voilà grâce à Allah, j’ai mis mon voile peu de temps après pendant que j’apprenais à faire la prière, et dès que j’ai su faire la prière, je m’étais fixé un jour, et j’ai commencé ce jour fixé, le 21 mars (début du printemps^^) à faire ma prière du fajr. Je n’ai plus lâché la prière depuis bien évidemment grâce à Allah !

C’était magnifique, le plus beau jour de ma vie! Allah m’avait guidée à faire ma prière en pleine nature au bord d’une rivière. Je ne pensais pas que ma première prière serait là-bas, mais la veille au soir je me suis retrouvée suite à une balade, à l’heure du maghreb à cet endroit qui faisait comme une presqu’île entourée par la rivière. C’était dans un parc naturel fréquenté, mais là, il n’y avait personne. Et j’ai senti qu’il fallait que je reste là, j’ai dormi au pied d’un arbre, tout emmitouflée, il faisait froid, j’eus un peu peur, mais je faisais confiance à Allah. Je ne voulais par rater le fajr, et dès que j’ai entendu un coq je me suis réveillée, j’ai fait mes ablutions dans la rivière et j’ai fait ma première vraie prière en entière fajr et sobh, là où je pensais que se trouvait le sud-est par rapport au soleil. Grâce à Allah qui a fait de ce jour un jour inoubliable et magnifique!

Voilà après il eut fallu faire face à la famille et aux amis, qui n’ont rien compris, et n’étaient pas au courant de mon chemin, ils m’ont trouvé tout de suite avec le voile, ce fut rude pour eux, ce que je conçois, mais maintenant tout va très bien el-hamdoulillah, ils me comprennent mieux et on s’entend bien.

Voilà si ce n’est pas trop long j’aimerais rajouter un poème.

Veuillez m’excuser par ailleurs des fautes d’orthographes et de syntaxes, c’est un poème spontané non en quatrain, etc…

**Les portes du bien**

Allah, mon Seigneur
Allah mon Créateur
Toi à l’origine de tous les univers
Toi qui est toujours ouvert
À notre retour vers Toi Allah
Il n’y a de dieu que Toi Allah
Tous le monde cherche en vain ses racines
Pour se protéger des épines
De la méchanceté gratuite, quand tout le reste s’achète
Des injustices et du mensonge que personne n’arrête
Certains cherchent donc dans leurs racines
Pour échapper à ces folies
D’autres juste un trou où plonger leur tête
Oubliant ainsi La quête
Gloire et pureté à Toi Allah
Les racines c’est Toi
L’Absolu c’est Toi
Revenir à Toi, c’était la fin de cette quête
Et là, devant les portes grandes ouvertes,
le début de ma conquête
Reconquérir mon cœur abîmé
Par tout le mal que je m’étais fais
Mais mon seigneur, merci Tu ne m’as pas oublié
Merci Allah de m’avoir guidé
D’avoir entendu mon appel inaudible
Mon « au secours » dont je ne savais où il allait arriver,
mais que j’avais déjà la foi de lancer
Merci d’avoir vu mon cœur errer
Sachant l’heure de ma fin proche car hier j’étais une enfant
J’étanchais ma soif de bonheur dans les flaques éphémères des ruelles sombres de mon âme
Ces ruelles aux lumières artificielles attendant la nuit pour s’allumer
Mais ces obscurités dans mon orgueil, je les avais ignorées
Gloire et pureté à toi Allah
Tu m’as ouvert la voie
Derrière les branchages obstruant la route
Ces branchages nommés conditionnement culturel, ignorance et doutes
Derrière ces fagots devenus légers
peu à peu s’est dégagée la voie
Et là m’est apparu la source de toute joie
La seule source qui soit
La source c’est Toi Allah
À présent, au lieu de survivre dans ces petites flaques de joie
Je nage à grande soif dans la seule source qui soit
La source de toute vie, c’est bien Toi Allah
Parfois sur la berge, c’est là que je me noie
Alors je replonge vers Toi Allah
Là je me sens bien, je nage, je bois
Mon Dieu tout Tes bienfaits, comment Te remercier ?
Tu m’as grand ouvert les portes du bien et m’a fermé celles du mal
Gloire et pureté à Toi, garde-moi près de Toi
Plein d’aventures j’espère poursuivre maintenant auprès de Toi
Plongée dans tout ce bien j’espère faire de mon mieux
Pour asperger les autres et les voir aussi heureux

Que la paix , la bénédiction et tout Tes bienfaits
Soient sur Ton bien-aimé Mohammed
le dernier des Messagers
Qui, sur Ton ordre
A redessiné le sentier qui mène à la Paix
La paix entre les créatures
Et leur Créateur.
Gloire et pureté à Toi Allah mon Seigneur.

AmatuLlah

Est-il obligatoire de changer de prénom après sa conversion à l’Islam?

 

Ustadh Tabraze Azam et Sheykh Faraz Rabbani

 

 

converti_islam

 

 

Question :

Assalam alaikoum,

Une de mes connaissances a récemment accepté l’Islam. Cette personne était auparavant hindoue et elle voudrait savoir s’il est maintenant obligatoire qu’elle change de nom suite à sa conversion.

 

Réponse :

Wa alaikum assalam wa rahmatullahi wa barakatuh,

Je prie pour que cette réponse vous trouve dans le meilleur état de santé et de foi, incha Allah.

Non, il n’est pas indispensable de changer votre nom après être devenu musulman.

Cependant, c’est une sunnah recommandée de le faire si votre nom possède un sens indigne ou qu’il est peu convenable. [Qari, Mirqat al-Mafatih, citant an-Nawawi; al-Mawsu`ah al-Fiqhiyya al-Kuwaitiyya]

`Aisha (RA) a rapporté que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) avait pour usage de changer les mauvaises noms. [at-Tirmidhi]

 

Quelques brèves recommandations concernant les prénoms :

[1] De manière générale, il est permis de prendre un nom tant qu’il n’a pas un sens ou une connotation négative ou problématique.

[2] Il n’y a aucune obligation à changer votre nom, en particulier si le nom n’a pas un sens premier qui soit mauvais.

[3] Il y a des avantages à choisir un nom « Musulman », et c’est généralement une Sunnah fortement recommandée. Par exemple, en prenant les noms des Prophètes, ceux des grands hommes et femmes justes de l’histoire Islamique, et les noms indiquant la croyance en Dieu comme `Abdullâh et` Abd al-Rahman.

[4] Il est permis sans que ce soit détesté de prendre les noms des anges.

[5] Il est permis de prendre les noms d’Allâh, comme Karim ou Hasib, sauf pour ceux qui appartiennent exclusivement à Allâh, comme Rahman, par exemple (ndt : ou alors précédé de ‘Abd al).

[6] Prendre de vilains noms, comme Shaytan et Zalim, ou des noms avec de mauvaises significations ou connotations est fortement détesté.

[7] Vous pouvez utiliser les deux prénoms [celui de naissance et le «nouveau» nom Musulman], selon le contexte (comme garder votre nom de naissance dans les relations avec les parents, la famille et peut-être même des situations professionnelles), ou de façon interchangeable, comme il n’y a rien de mal à avoir plusieurs noms.

Un livre utile sur le sujet : Les noms Islamiques par Muhammad Imran Ashraf Usmani (non traduit en français).

Et Allâh seul donne le succès.

Wassalam,

Tabraze Azam et Sheykh Faraz Rabbani

 

© Traduit avec l’autorisation de l’honorable sheykh Faraz Rabbani (qu’Allâh le récompense)