Les Ijazas de Ibn Baz et de Al-Albani


Par Sheykh Nuh Ha Mim Keller

 

 

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Question :

Les Salafis affirment que Ibn Baz (RA) et Al-Albani (RA) ont des ijazas [1] provenant de grands shouyoukh [2]. Ils disent que Al-Albani a obtenu une ijaza de certains shouyoukh en Syrie, avez-vous des informations à ce sujet?

 

Réponse :

Notre professeur de hadith, Sheykh Shu‘ayb al-Arna’ut, nous a dit, à ma femme et à moi-même, que Sheykh Nasir al-Albani a appris sa science du hadith à partir des livres et des manuscrits de la Bibliothèque Dhahiriyya à Damas, et suite à ses longues années de travail sur les livres de hadith. Il n’a obtenu aucune part significative de ses connaissances à partir de savants du hadith vivants. Selon Sheykh Shu’ayb, c’est pour la bonne raison qu’il n’y avait personne à Damas à l’époque qui connaissait bien le hadith, et qu’il n’a voyagé nulle part ailleurs pour apprendre. J’ai entendu des Salafis dire qu’il avait reçu une ijaza d’une personne en Syrie, mais cela ne peut venir (selon Sheykh Shu’ayb) que d’une personne ayant une connaissance beaucoup moins importante que la sienne.

Je crois Sheykh Shu’ayb à ce sujet, parce que sa famille, comme celle de Sheykh Nasir (Al-Albani), étaient des Albanais ayant émigré à Damas lors de la chute de l’Empire Ottoman, et ils se connaissent tous assez intimement. Le sentiment que l’on a, est que le père de Sheykh Nasir, Sheykh Nuh al-Albani, était un Hanafi à ce point strict qu’il fit naitre une sorte de réaction excessive chez Sheykh Nasir Al-Albani, non seulement contre Abu Hanifa et son madhhab, mais également contre les shouyoukh Islamiques traditionnels. Selon Sheykh Shu’ayb, Sheykh Nasir (Al-Albani) a étudié le Tajwid (récitation du Coran) et peut-être le livre de fiqh hanafite élémentaire Maraqi al-falah [l’ascension au succès] avec son père Sheykh Nuh al-Albani et il reçu (éventuellement) d’autres enseignements en fiqh Hanafite de Sheykh Muhammad Sa’id al-Burhani, qui enseignait à la mosquée Tawba, dans le quartier des Turcs du côté du Mont Qasiyun, près de la boutique du père de Sheykh Nasir (al-Albani). Par la suite, Sheykh Nasir (al-Albani) constata que son temps pourrait être dépensé de façon plus rentable au côté des livres et des manuscrits de la Bibliothèque Dhahiriyya et dans la lecture d’ouvrages à des étudiants, il n’assista plus alors à aucun autre cours.

Quant à son ijaza ou « certificat d’apprentissage », Sheykh Shu‘ayb nous dit qu’elle fut obtenue lorsqu’un savant du hadith d’Alep, Sheykh Raghib al-Tabbakh, était en visite à la Bibliothèque Dhahiriyya à Damas, et que le Sheykh Sheykh Nasir (al-Albani) lui fut signalé comme un étudiant du hadith prometteur. Ils se sont alors rencontrés et ont discuté. Le Sheykh l’a alors autorisé « dans toutes les chaînes de transmission qu’il a été autorisé à rapporter », c’est-à-dire une ijaza générale, bien que le Sheykh Nasir n’ait jamais assisté aux enseignements du Sheykh ou lu des livres de hadiths avec lui. Sheykh Raghib al-Tabbakh possédait des chaînes de shouyoukh remontant aux principaux ouvrages de hadith, tels que Sahih al-Bukhari, les Sunan d’Abou Dawoud, et avait donc une chaîne remontant de manière ininterrompue jusqu’au Prophète (salallâhou ‘alayhi wassalaam) pour ces livres. Mais c’était une autorisation (ijaza) de tabarruk, ou « pour la bénédiction », et non pas un « certificat d’apprentissage », car Sheykh Nasir (Al-Albani) n’est pas allé à Alep pour étudier auprès de lui et Sheykh Raghib al-Tabbakh n’est pas venu à Damas pour lui donner des cours.

Ce type d’autorisation (ijaza), de tabarruk, est une pratique de certains savants traditionnels : donner une autorisation afin d’encourager un étudiant qu’ils ont rencontré et apprécié, qu’ils trouvent doté de bonnes connaissances, ou qu’ils espèrent voir devenir savant. La raison pour laquelle je connais l’existence de telles ijazas, c’est parce que j’en possède une du savant Mecquois du hadith Sheikh Muhammad ‘Alawi al-Maliki, qui m’autorise à rapporter « toutes les chaînes de transmission que moi-même [Muhammad ‘Alawi al-Maliki] j’ai été autorisé à rapporter par mes shouyoukh », ce qui inclue les chaînes de transmission remontant aux Imams du hadith : Malik, al-Bukhari, Muslim, Abu Dawud, at-Tirmidhi, an-Nasa’i, Ibn Majah (La Mecque : Muhammad ‘Alawi al-Maliki, 1412/1992). Bien que mon nom soit sur l’autorisation, et qu’elle soit signée par le Sheykh, cela ne fait pas de moi un savant du hadith comme lui, parce qu’en dehors de certains de ses cours publics, ma connaissance dans le hadith ne vient pas de lui, mais de Sheikh Shu‘ayb, avec qui j’ai effectivement étudié. Plus exactement, Sheikh al-Maliki connaît mes shouyoukh à Damas, il sait que je suis le traducteur de ‘Umdat al-salik [Support du Cheminant] dans le Fiqh Shaféite, nous nous connaissons depuis un certain temps, et il approuve ma méthode. La valeur scientifique de telles ijazas est simplement d’attester du fait que nous nous sommes rencontrés. »

 

Quant à Ibn Baz, je ne sais pas avec qui il a étudié, mais de par ses émissions diffusées à la radio, je serais très surpris qu’il n’ait jamais étudié avec quelqu’un de non engagé dans ce que lui et ses collègues appellent la da’wa ou « la propagation », c’est-à-dire les révisions de l’Islam prônées par Muhammad ibn ‘Abd al-Wahhab.

 

Comme il est illégal de dire quoi que ce soit de détesté à propos d’un musulman, sauf dans le cadre d’un intérêt admis par la Loi Sacrée, la discussion qui suit ne sortira pas du cadre (a) de chercher à savoir si ces révisions constituent une exagération sectaire se différenciant de l’Islam traditionnel, et (b) s’il est avéré qu’elles sont sectaires, comprendre comment cela influence les déclarations sur lesquelles Sheykh Ibn Baz et Nasir Al-Albani pourraient par ailleurs être suivis.

 

Je vous mentionne cela, parce que comme vous le savez, certaines personnes s’offensent de l’utilisation du mot Wahhabi et ils ont de bonnes raisons si l’on entend par là qu’ils n’aiment pas l’Islam, ou ne cherchent pas à le pratiquer au mieux de leur compréhension et de leur capacité. Je crois que cela est vrai pour pratiquement tous les groupes séparatistes depuis le début de l’Islam. Pour autant qu’ils ne contredisent pas quelque chose de nécessairement connu dans la religion (nécessairement connu signifiant que n’importe quel musulman saurait répondre si on lui posait la question), on peut dire de tous ces groupes qu’ils ont essayé de comprendre et d’appliquer le Coran et la Sunna, bien que leur compréhension les ait amené à une conclusion erronée. C’est pourquoi les manuels de Shari’a disent des choses comme :

 

Ils [ceux qui se soulevèrent contre le calife] dépendent des lois Islamiques (parce qu’ils n’ont pas commis un acte qui les met en dehors de l’Islam, ce qui ferait qu’on les considérerait alors comme non-Musulmans. Ils ne sont pas non plus considérés comme moralement corrompus (fasiq), car se rebeller n’est pas une limite critique, mais il s’agit plutôt de leur compréhension qui est erronée), et les avis de leur juge Islamique sont considérés comme juridiquement valides (à condition qu’il ne déclare pas légal d’ôter injustement la vie des Musulmans) si ces avis sont tels qu’on les considérerait comme valides s’ils étaient émis par notre propre juge (Reliance of the Traveller, 594).

 

Le fait que ces personnes puissent considérer les Musulmans qui ne font pas partie de leur secte comme des non-Musulmans – ce qui est la marque de fabrique des sectes hétérodoxes (Batil) de tout temps et en tous lieux – ne change pas les avis cités ci-dessus, et le calife ou son représentant peut utiliser la force nécessaire pour mettre fin à la discorde. Voici ce que l’on trouve dans Hashiya radd al-muhtar ‘ala al-Durr al-mukhtar sharh Tanwir al-absar [3], dont chaque mot est considéré comme un des éléments déterminants (nass) dans l’école Hanafi :

 

(Al-Haskafi:) Ceux qui se révoltent contre l’obéissance à l’Imam [c’est-à-dire le calife ou son représentant] sont de trois types :

1/ Les bandits de grand chemin, et leur statut est connu [c’est à dire la peine de mort, s’ils ne se livrent pas avant d’être capturés];

2/ Les rebelles (bughat) contre le califat, dont le statut sera discuté ci-dessous [c’est-à-dire qu’ils sont combattus avec autant de force que nécessaire pour les faire cesser, comme indiqué dans Reliance plus haut];

3/ Les kharijites, c’est-à-dire des hommes avec une force militaire qui se révoltent contre l’Imam en raison d’une interprétation scripturaire erronée (ta’wîl), estimant qu’il est dans un égarement digne de la mécréance (kufr) ou dans la désobéissance à Allâh (ma’siya) qui nécessite qu’ils le combattent, ceci selon leur interprétation erronée des Écritures et qui considèrent comme légitime de prendre nos vies, nos biens, nos femmes comme esclaves et qui considèrent les Compagnons de notre Prophète comme des mécréants. Leur statut est le même que celui des rebelles (bughat) contre le califat: [voir n° 2 ci-dessus] par consensus unanime des savants du fiqh.

(Ibn ‘Abidin) : Ses paroles « et qui considèrent les Compagnons de notre Prophète comme des mécréants » ne font pas partie des conditions qui déterminent qu’une personne est un kharijite, mais c’est plutôt une simple clarification sur ce qu’on fait ceux qui se révoltèrent contre ‘Ali (RA). Autrement, il suffit d’être convaincu qu’ils considèrent mécréant ceux contre qui ils se battent, comme cela s’est produit de nos jours avec les disciples de [Muhammad ibn] ‘Abd al-Wahhab, qui sortirent du Najd en révolte, et prirent les sanctuaires de la Mecque et de Médine. Ils suivaient l’école Hanbalite, mais pensaient qu’ils [eux-mêmes] étaient LES musulmans et que ceux qui croyaient différemment d’eux étaient polythéistes (mushrikin). Sur cette base, ils jugèrent légal de tuer des Musulmans Sunnites (Ahl al-Sunna) ainsi que leurs savants religieux, jusqu’à ce qu’Allâh le Très-Haut mette en déroute leurs forces et que les armées Musulmanes attaquent leurs bastions et les humilient en 1233 A.H. [1818] (Hashiya radd al-muhtar, 4.262).

 

Le mufti Shafe’ite de la Mecque, Ahmad ibn Zayni Dahlan (m. 1304/1886), historien et savant, a écrit l’histoire de la prise de pouvoir des lieux saints par les Wahhabites dans un certain nombre d’ouvrages, dont l’un, son livre d’histoire en deux volumes intitulé al-Futûhât al-Islamiyya [Les conquêtes Islamiques], donne la description suivante de ce qui est probablement devenu le plus célèbre et certainement le plus meurtrier de leur ijtihad, à savoir que la Sunna du Tawassul (invoquer Allâh par l’entremise de) [4] constitue de la mécréance (shirk) :

Muhammad ibn ‘Abd al-Wahhab a affirmé que son but dans cette école de pensée qu’il a innové était de purifier la croyance en l’unicité d’Allâh (Tawhid), et d’abjurer l’adoration de fausses divinités (shirk) et [de démontrer] que les Musulmans avaient adoré de fausses divinités depuis six cents ans et qu’il leur avait restitué leur religion. Il interpréta les versets Coraniques révélés au sujet des adorateurs de faux dieux (polythéistes) comme se référant à ceux qui adorent Allâh seul, comme [par exemple] la parole d’Allah le Très-Haut :

 

« Y a-t-il un être plus égaré que ceux qui invoquent, en dehors de Dieu, des divinités qui n’exauceront jamais leurs prières jusqu’au Jour de la Résurrection, qui sont totalement insensibles à leurs invocations » [5]

Ainsi que Sa Parole :

« N’invoque pas, en dehors de Dieu, ce qui ne peut ni te faire du bien ni te nuire, sinon tu serais du nombre des injustes ! » [6] 

 

Il y a beaucoup de versets similaires dans le Coran ; ainsi Muhammad ibn ‘Abd al-Wahhab a dit que quiconque cherche l’aide du Prophète ou d’autres personnes parmi les prophètes, les amis d’Allâh (awliya) ou les vertueux, ou bien fait appel à lui ou lui demande d’intercéder, est comme ces adorateurs de faux dieux et donc est inclus dans la généralité de ces versets. Il croyait la même chose à propos du fait de visiter la tombe du Prophète et de tous les autres des prophètes, ainsi que celles des amis d’Allâh, ou encore celles des saints. Il a dit à propos de la Parole d’Allâh le Très-Haut citant les dires des idolâtres à propos du culte de leurs idoles,

« Nous ne les adorons que pour qu’elles nous rapprochent davantage de Lui » [7]

 

que les gens qui prient Allâh par le biais d’un intermédiaire (Tawassul) sont comme ces adorateurs de faux dieux qui disent : « Nous ne les adorons que pour qu’ils nous rapprochent davantage de Lui ». Il a déclaré que les adorateurs de faux dieux ne croyaient pas leurs idoles capables de créer quoi que ce soit mais plutôt que le Créateur était Allâh le Très-Haut, comme indiqué par la parole d’Allâh :

 

« Et si vous leur demandez qui les a créés, ils diront : ‘Allâh’ » [8]

Et,

« Si jamais tu leur demandes qui a créé les Cieux et la Terre, ils répondront sûrement : ‘Allâh’ » [9]

 

de telle façon qu’Allâh ne les avait pas jugé pour avoir commis de la mécréance et avoir adoré de fausses divinités, mais plutôt par rapport à leur parole, « que pour qu’ils nous rapprochent davantage de Lui », et qu’en conséquence ces gens [Musulmans qui font le Tawassul] sont comme eux.

 

Et cela est tout simplement faux, car les Musulmans croyants ne prennent pas les prophètes (Paix sur eux) ou les amis d’Allâh comme des dieux ni n’en font des associés (shuraka’) d’Allâh, mais plutôt ils croient qu’ils sont des esclaves créés qui appartiennent à Allâh et qui ne sont pas dignes d’être adorés.

 

Quant aux adorateurs de faux dieux à propos desquels ces versets du Coran ont été révélés, ils croyaient que leurs idoles étaient des dieux, et les vénéraient comme tels, même s’ils reconnaissaient qu’ils n’avaient pas créé quoi que ce soit – tandis que les croyants eux, ne soutiennent pas que les prophètes ou les awliya sont dignes d’adoration ou de la divinité et ne les vénèrent pas avec la révérence due exclusivement au Seigneur. Plutôt, ils croient qu’ils sont les serviteurs d’Allâh et Ses bien-aimés, ceux qu’il a élus et choisis et croient que par Les bénédictions qu’Il leur accorde (baraka), Il fait preuve de miséricorde envers Ses serviteurs. Leur intention dans la recherche de bénédictions à travers eux est une miséricorde d’Allâh le Très-Haut, et les preuves qui attestent de la validité de cela sont nombreuses dans le Coran et la Sunna.

 

Le credo des Musulmans est que le Créateur – Celui qui afflige, Celui qui avantage, Celui qui mérite d’être adoré – est Allâh seul. Ils ne croient pas que quelqu’un d’autre soit Puissant (capable) et ils croient que les prophètes et awliya ne créent rien, ne possèdent aucune capacité de favoriser ou de nuire, mais simplement que par la grâce qu’Allâh leur accorde (baraka), Il fait montre de miséricorde envers les serviteurs créés.

 

C’est la « croyance » des adorateurs de faux dieux selon laquelle leurs idoles méritaient l’adoration et la divinité qui les rendaient coupable d’associer à Allâh (shirk) des copartenaires et non simplement leur parole : « Nous ne les adorons que pour qu’elles nous rapprochent davantage d’Allâh ». Car c’est seulement lorsqu’il leur fut prouvé que leurs idoles ne méritaient pas d’être adorées, ce qu’ils croyaient pourtant, qu’ils dirent alors pour se trouver une excuse: « Nous ne les adorons que pour qu’elles nous rapprochent davantage de Lui ».

 

Alors comment Ibn ‘Abd al-Wahhab et ses partisans peuvent-ils considérer que les croyants qui reconnaissent le Tawhid dans son ensemble puissent être comparables à ces adorateurs de faux dieux qui croyaient en la divinité de leurs idoles? Aucun croyant n’est concerné par tous les versets cités ci-dessus, ni par ceux qui comme eux font explicitement référence à des non-Musulmans et aux adorateurs de fausses divinités.

L’Imam Al-Bukhari rapporte de ‘Abdullâh ibn ‘Umar (qu’Allâh soit satisfait du père et du fils) qui a relaté que le Prophète a dit lors de sa [prédiction de la] description des Kharijites qu’ils « se serviraient des versets révélés au sujet des non-Musulmans et qu’ils les appliqueraient aux croyants ».

 

Et dans un autre hadith, également d’après Ibn ‘Umar, le Prophète a dit : « Ce que je crains le plus pour ma Oumma, c’est un homme qui interprète le Coran et l’utilise hors de son contexte » ;  ces deux hadiths sont applicables à cette secte.

 

Si le fait que des croyants invoquent Allâh à travers un intermédiaire (Tawassul) était considéré comme de l’adoration de fausses divinités, cela n’aurait pas été fait d’abord par le Prophète lui-même, ni par ses Compagnons, ni par la Umma Musulmane, du premier au dernier [10].

Ce passage nous montre pourquoi les Wahhabis ont été considérés comme des Kharijites, des hommes qui, comme le note Al-Haskafi ci-dessus, se sont révoltés contre l’imam « en raison d’une interprétation scripturaire erronée (ta’wîl), » estimant qu’il « est dans un égarement digne de la mécréance (kufr) ou dans la désobéissance à Allâh (ma’siya) nécessitant qu’ils le combattent ».

Ce qui met principalement en difficulté leur théorie selon laquelle le Tawassul revient à adorer de faux dieux, c’est le fait qu’il a été enseigné à la Oumma par le Prophète, ce qui explique peut-être pourquoi personne dans les onze siècles de science Islamique qui ont précédé Muhammad ibn ‘Abd al-Wahhab n’avait considéré cela comme de la mécréance.

 

À cet égard, il est impensable que Ibn ‘Abd al-Wahhab n’ait pas été informé du fait que son propre Imam [ndt : celui qu’il prétendait suivre], Ahmad ibn Hanbal, ait enjoint son élève le plus remarquable, Abu Bakr Ahmad ibn Muhammad al-Marrudhi (m. 275/888) de faire Tawassul par le Prophète. Al-Marrudhi rapporte le Tawassul du hadith du Compagnon (Sahabi) ‘Uthman ibn Hunayf qui contient les paroles : « Ô mon Seigneur ! Je Te demande et je me dirige vers Toi par Ton Prophète Mohammed, le Prophète de la miséricorde. Ô Mohammed !  Je me dirige par ton intermédiaire vers ton Seigneur pour mon besoin afin qu’il soit comblé », que al-Marrudhi rapporte de Ahmad ibn Hanbal, à partir du « chapitre des supplications » de son Kitab al-mansak [Livre de la Umra et du Hajj]. Cela est mentionné par Ibn Taymiya [11] que j’ai plutôt tendance à croire à ce sujet, car il a essayé de réfuter les propos de son Imam à propos du caractère Sunna de cette pratique, mais sans la considérer comme de l’idolâtrie (shirk) ou de la mécréance (kufr), ce que les Wahhabis ont fait quatre siècles plus tard.

 

Muhammad ibn ‘Abd al-Wahhab a aujourd’hui disparu, avec les fatwas qu’il a émis et dont le résultat à été les attaques contre la Mecque, Taïf, et Médine dès 1205/1790 par les « réformateurs » qui croyaient que la vie, les femmes et l’argent des Musulmans Sunnites ordinaires qui ne considéraient pas le Tawassul comme du shirk pouvaient légalement être pris par ceux qui le considéraient comme tel. Il n’y a plus de Wahhabites de ce type. Comme l’a dit le roi Fahd (qui, dans l’ensemble, a eu une influence modérée positive) il y a quelques années dans un discours, « Nous ne sommes pas Wahhabites, nous sommes Hanbalites ».

 

Pourtant, si la « révolte » (selon les propos d’Al-Haskafi) s’en est allée, la « mauvaise interprétation des textes » demeure et son influence intellectuelle reste forte sur tous les aspects de l’institution religieuse en Arabie Saoudite. Bon nombre des idées agressives [ndt : en provenance d’Arabie Saoudite] sont emballées et exportées vers d’autres pays Musulmans sous l’égide d’Ibn Baz et l’accréditation donnée par le soutien de Sheykh Al-Albani et de ceux qui le suivent.

 

Il s’agit de « révisions » qui visent à changer l’Islam traditionnel et si beaucoup de Musulmans ordinaires ont oublié cela, c’est en raison de l’ampleur avec laquelle ils [les Wahhabis] ont réussi, encouragés par des subventions importantes [ndt : grâce au pétrodollar] et le manque actuel de savants traditionnels (‘Ulama) pour enseigner la vérité aux Musulmans. Pourtant, on sent bien qu’ils marquent une phase transitoire, car Allâh a promis de protéger la religion (din) et si les réfutations des savants classiques ont été entendues, ces innovations disparaitront comme neige au soleil. En attendant, les Wahabbis ont programmé des pseudos réformes pour les trois piliers du din, à savoir : l’Islam (la Shari’a), l’Iman (‘Aqida), et l’Ihsan (Tariqa). À partir de ces catégories, les « réformes» peuvent être résumées ainsi :

1) L’Islam (Shari’a) : À leur crédit, le mouvement dont nous parlons a ravivé l’intérêt pour le hadith parmi les érudits musulmans du bord opposé. Mais l’accent mis sur hadith et ses disciplines connexes, à l’exclusion des autres sciences Islamiques toutes aussi indispensables à la compréhension de la révélation, telles que la méthodologie du fiqh, ou le conditionnement du hadith selon les principes généraux exprimés dans le Coran, a créé une fausse division dans l’esprit de nombreux musulmans entre le fiqh et le hadith. Et c’est une innovation (bida’a) intellectuelle de l’espèce la plus menaçante pour l’Islam dans lequel n’a jamais accepté l’ijtihad [12] provenant de non-mujtahids [13], ou quoi que ce soit présentant une insuffisance en fiqh (littéralement : la compréhension des points subtils) du hadith.

Une des tristes conséquences de la division faite entre le fiqh et le hadith est la renaissance de la pensée Dhahirite dont nous avons parlé plus haut, avec « l’invalidité de son littéralisme mal placé » dans l’interprétation des textes scripturaires primaires. Un tel littéralisme se produit nécessairement sur une personne formée seulement au Hadith (comme le Sheykh Al-Albani) [notamment] si elle essaie de déduire des avis Juridiques Shari’a sans posséder la maîtrise des outils d’interprétation nécessaires pour relever les défis auxquels sont confrontés les mujtahids, par exemple, dans le raccordement d’entre un certain nombre de hadiths sur une question particulière qui pourtant semble contradictoire, ou encore en ce qui concerne les nombreux autres problèmes intellectuels inhérents à l’ijtihad. Cet ardent Dhâhirisme – en particulier chez les adeptes de Sheykh Al-Albani – a incité certains Musulmans contemporains à croire sérieusement qu’il faille choisir entre suivre « le Coran et la Sunna », et suivre l’une des écoles des Imams Mujtahid [14].

 

Si le grand mensonge a aujourd’hui gagné en crédibilité c’est uniquement parce que très peu de musulmans comprennent ce qu’est un ijtihad et comment il se fait. Je pense que le remède à cela consiste à familiariser les Musulmans avec des exemples concrets sur la façon dont les Imams Mujtahids arrivent à dériver des avis juridiques de Shari’a spécifiques à partir du Coran et des Hadith. En premier lieu, démontrer l’étendue de leurs connaissances dans le Hadith (Muhammad ibn ‘Ubayd Allah ibn al-Munadi [m. 272/886] rapporte que Ahmad ibn Hanbal a déclaré qu’avoir mémorisé trois cent mille hadiths ne suffisait pas pour être un mujtahid), puis en second lieu, démontrer leur maîtrise des principes déductifs qui permettent de joindre entre eux tous les textes primaires. Jusqu’à ce que cela soit fait, les partisans de ce mouvement continueront probablement à suivre l’ijtihad de non-mujtahids (les Shouyoukh qui inspirent leur confiance), sous le slogan « le Coran et la Sunna », comme si l’obligation de les suivre était une notion étrangère aux véritables mujtahids. Les disciples [de cette doctrine] peuvent à la rigueur ne pas être blâmés, car [selon l’expression] « pour quelqu’un qui n’a jamais voyagé, sa mère est l’unique cuisinière ». Mais j’impute la responsabilité aux Shouyoukh qui, quelles que soient leurs motivations, écrivent et parlent comme s’ils étaient les uniques cuisiniers.

2) L’Iman (‘Aqida) : L’acceptation et l’adhérence aveugle des opinions d’Ibnou Taymiya et d’Ibn al-Qayyim al-Jawziyya dans la ‘Aqida ont abouti à un certain nombre de conséquences :

 

L’une d’entre elles est le rejet par Ibn Taymiya de toute expression figurative (majaz) dans le Coran. C’est ce que nous avons nommé plus haut : « littéralisme mal placé ». Ceci a eu pour conséquence de faire naitre l’anthropomorphisme dans les esprits et a permis qu’il se propage un peu partout sous le slogan du « retour à la ‘Aqida des premiers Musulmans », alors qu’ils en sont loin.

 

À cet égard, je parlais récemment avec Mawlana Abdullâh Kakakhail, un savant d’Islamabad spécialiste de la Croyance Islamique (usûl ad-din), qui m’a dit avoir été diplômé de l’Université Islamique de Médine en 1966, et qui peu après, alors qu’il s’apprêtait à rentrer chez lui, avait été convoqué au bureau du vice-recteur de l’université. Celui-ci exprima sa déception à propos du fait que l’étudiant n’ait pas davantage profité de l’enseignement dispensé dans l’université à propos de la Croyance Islamique (‘Aqida). Le vice-recteur dit qu’il savait qu’Abdullâh retournait au Pakistan avec les mêmes principes de foi que ceux avec lesquels il était venu. Ils sont ensuite venus à parler des  mutashabihat, c’est-à-dire des versets Coraniques et hadiths dits « équivoques » jusqu’à ce qu’ils en arrivent à parler de la « Main » d’Allâh [15]. « Vous dites », dit le jeune homme au vice-recteur, que : « la main est connue, mais que son comment (kayf) est inconnu ». « Que signifie donc l’inconnu de ce comment ? » Le vice-recteur répondit : « Cela signifie que nous ne savons pas si la main est noire ou blanche, ni si elle est longue ou courte ». Ce vice-recteur se nommait Ibn Baz, et c’est ce qui était proposé à l’époque comme da’wa (appel à l’Islam) – c’est-à-dire une croyance (‘Aqida) semblable à celle qui inspira le plafond de la chapelle Sixtine.

 

Deuxièmement, pour expliquer le fossé béant qui existe entre ce genre d’anthropomorphisme et l’ensemble de la littérature antérieure en matière de Tafsir du Coran, ils ont été obligé de se justifier en expliquant que l’école Ash’ari se serait glissée dans la Umma et aurait altéré la « ‘Aqida des premiers Musulmans (as-Salaf us-Salih) », alors qu’on ne trouve aucune trace de la ‘Aqida que les Wahhabis prétendent être celle des Salafs. Cela a divisé le domaine de la ‘Aqida en deux camps : les pros et les anti-Ash’ari, alors que depuis les mille années précédentes, les Musulmans Sunnites s’étaient mis en accord autour de l’orthodoxie des écoles Ash’aris et Maturidis. Pourquoi avoir réparé quelque chose qui n’était pas cassé?

 

En fait, quand un richissime commerçant de Djeddah a sorti des oubliettes la ‘Aqida d’Ibn Taymiya au début de ce siècle en finançant l’impression en Égypte de son livre Minhaj al-sunna al-nabawiyya ainsi que d’autres de ses œuvres, le Mufti d’Egypte Muhammad Bakhit al-Muti‘i, confronté à de nouvelles questions sur la validité de l’anthropomorphisme a écrit : « C’est une discorde (fitna) qui dormait ; qu’Allâh maudisse celui qui la réveille ».

 

Mais il est vraisemblable que l’héritage le plus malheureux laissé par le mouvement Wahhabi originel est quelque chose qui est maintenant pratiqué du Najd au sous-continent Indien, d’Est en Ouest, à savoir la facilité avec laquelle les Musulmans se qualifient les uns les autres de « mécréants ». Que ce soit à propos d’une question de Fiqh comme le Tawassul, ou sur une question de ‘Aqida comme celle que l’ont à évoqué plus haut et c’est précisément le sectarisme qu’Allâh nous a interdit dans le Coran par les paroles :

 

« Ne suivez pas l’exemple de ceux qui, après avoir reçu les preuves, se sont divisés et se sont opposés les uns aux autres. À ceux-là est réservé un châtiment exemplaire » [16].

 

Le sectarisme de ce genre est quelque chose qui n’existait pas dans l’Islam Sunnite traditionnel durant les mille dernières années, mais il représente plutôt une rupture avec cette tradition. Même si on la justifie au nom d’une « réforme Islamique » ou d’un « retour aux sources de l’Islam », le sectarisme est et demeure le type de bida’a d’égarement à propos duquel le Prophète a dit dans un hadith rapporté par Muslim :

 

« Quiconque apporte à notre affaire-ci une chose nouvelle non fondée sur elle, verra cette chose rejetée ». [17] 

 

3) L’Ihsan (Tariqa) : Le troisième item de la réforme, poursuivie de manière agressive aujourd’hui encore est la tentative faite pour éliminer du cercle des sciences Islamiques le Tasawwuf ou « soufisme », bien qu’il ne fasse pourtant aucun doute qu’il ait été considéré comme tel par presque tous les savants classiques, et ce, depuis que les sciences religieuses furent pour la première fois retranscrites. Notre époque a vu l’impression et la réimpression de travaux comme des passages du Talbis Iblis [Les ruses de satan] d’Abd ar-Rahman ibn al-Jawzi dans lequel « les Soufis » (dans le sens d’un groupe d’entre eux à son époque) sont critiqués, sans dire en passant qu’un grand nombre des biographies de son ouvrage en cinq volumes Sifa al-safwa [Description des élus] sont celles des mêmes soufis cités in extenso dans Al-Risala al-Qushayriyya l’ouvrage classique de Qushayri sur le Soufisme.

 

Le Soufisme existe pour la bonne raison que la Sunna que nous avons pour obligation de suivre ne se limite pas seulement aux paroles et aux actes extérieurs du Prophète mais aussi à ses états, comme la confiance en Allâh (tawakkul), la sincérité (ikhlas), la mansuétude (hilm), la patience (sabr), l’humilité (tawadu’), le perpétuel souvenir d’Allâh, et ainsi de suite. Beaucoup, beaucoup de hadiths et des versets du Coran indiquent le caractère obligatoire de la réalisation de ces (et des centaines d’autres) états du cœur, comme indiqué dans le hadith rapporté par Muslim, dans lequel le Prophète dit :

 

« Quiconque a un atome d’orgueil dans le cœur n’entrera pas au Paradis » [Muslim 1.93]

 

ou le hadith sahih dans les Sunan d’Abou Dawoud sur le caractère obligatoire d’avoir une présence du cœur dans la prière (salat), dans lequel ‘Ammar ibn Yasir rapporte avoir entendu le Prophète dire,

 

« En vérité, l’homme quitte (une prière) dont il n’obtient que le dixième de la récompense, le neuvième, le huitième, le septième, le sixième, le cinquième, le quart, le tiers ou la moitié » (Sunan Abu Dawud [N.d. Réimpression. Istanbul: al-Maktaba al-Islamiyya, n.d.] 1.211).

Une réflexion d’une demi-minute suffit à montrer à chacun de nous où nous en sommes sur ces aspects de notre din, et pourquoi en temps normal, aider les Musulmans à atteindre ces états n’étaient pas laissés à des amateurs, mais plutôt délégué à des Ulémas du cœur, les savants du Soufisme Islamique.

 

Comme dans d’autres sciences Islamiques, des erreurs se sont produites historiquement dans le Soufisme, comme principalement le fait de ne pas reconnaître la Shari’a et les principes de la foi (‘Aqida) de Ahl as-Sunna comme étant au-dessus de chaque humain. Mais ces erreurs n’étaient par exemple pas différentes des isra’iliyyat (contes sans fondement des Bani Isra’il) qui se sont glissé dans la littérature exégétique Coranique (tafsir), ou des mawdu’at (hadiths forgés) qui se sont glissé dans la masse des hadiths prophétiques. Pour autant, on ne considère pas cela comme une preuve que le tafsir est mauvais, ou que le hadith égare, mais plutôt, dans chaque discipline les erreurs ont été identifiées et les mises en garde ont été effectuées par les Imams spécialistes de ces matières parce que la Umma avait besoin du reste. Et de telles corrections sont précisément ce que nous trouvons dans des livres comme la Risala de Qushayri, dans l’Ihya d’Al-Ghazali et d’autres ouvrages de Soufisme.

 

En revanche, les réformateurs de notre époque ont trouvé comme échappatoire de créer des doutes sur le fait qu’il n’y aurait [en fait] véritablement aucune science Islamique permettant d’atteindre la sincérité spirituelle à partir d’une voie méthodique et fondée sur la connaissance. Mais peut-être aujourd’hui, commencent-ils à réaliser que si l’on met fin à toutes les aspirations spirituelles, on ne produira que des Musulmans agressifs n’ayant aucun autre moyen de se sentir plus religieux que part l’argumentation pour prouver à leurs coreligionnaires Musulmans que ces derniers le sont moins qu’eux. Un état peu enviable, décrit dans le hadith du Prophète :

 

« Aucun peuple ne s’est égaré après avoir été sur la vérité si ce n’est à cause des polémiques »

 

Pour résumer, le mouvement visant à réformer notre din attaque l’autorité Scientifique qui a toujours soutenu ses trois piliers. Et ils le font dans l’Islam, en retournant le cœur des Musulmans contre les écoles juridiques (madhhabs) qui représentent notre Shari’a; dans l’Iman, en présentant l’anthropomorphisme d’Ibn Taymiya comme « la voie des premiers Musulmans » [ndt : as-Salaf al-Salih], et dans l’Ihsan, en essayant de fermer la porte de la spiritualité Islamique traditionnelle une fois pour toutes.

 

Sheykh Nasir al-Albani et Ibn Baz sont parmi les sommités principales de ce mouvement, et l’ensemble de la carrière de ce dernier démontre son attachement à ces réformes, que ce soit les publications imprimées sous ses auspices et distribuées à travers le monde, ou bien l’aide financière accordée aux universitaires wahhabis dans le but qu’ils repartent de Médine diplôme en poche vers leur pays d’origine pour ensuite diffuser les enseignements de la secte, relatant inlassablement à quel point seuls peu de Savants Musulmans au cours des milles quatre cents dernières années ont vraiment compris l’Islam comme il a été compris par le Prophète et par eux-mêmes.

 

Alors peut-être que la meilleure réponse à votre question à propos des ijazas de ces deux hommes est de demander en retour : Quel intérêt le système traditionnel d’ijaza a-t-il donc pour ces réformateurs, alors que sa fonction consiste à ce que les savants traditionnels conservent intacte la compréhension de l’Islam à travers les siècles alors que ces réformateurs ont pour ambition de changer cette compréhension?

 

Notes du traducteur :

[1] Ijaza : Autorisations et certifications délivrées par les Savants à leurs élèves une fois qu’ils ont parfaitement maitrisé la matière ou le livre qui leur a été enseigné.

[2] Shouyoukh est le pluriel de sheykh

[3] commentaire d’Ibn ‘Abidin : le guide du perplexe sur les perles bien choisies d’Haskafi, une exégèse de (Tumurtashi).

[4] En substance, le terme tawassul désigne le fait d’emprunter et de mettre en avant une wasîlah – un chemin ou un moyen – susceptible de rendre les invocations plus recevables auprès d’Allâh à Qui on s’adresse et vers Qui on se dirige.

[5] Qour’an – 46/5
[6] Qour’an – 10/106
[7] Qour’an – 39/3
[8] Qour’an – 43/87
[9] Qour’an – 31/25

[10] Dahlan, al-Futûhât al-Islamiyya [Le Caire: Al-Maktaba al-Tijariyya al-Koubra, 1354/1935], de 2.258 à 59

[11] Qa‘ida jalila fi al-tawassul wa al-wasila [N.d. Réédition. Beyrouth : al-Maktaba al-‘Ilmiyya, n.d.], 98

[12] L’ijtihâd est le jugement résultant de la réflexion du mujtahid.

[13] Le Mujtahid est le savant reconnu par ses pairs, ayant atteint un niveau d’érudition très avancé, lui permettant de prononcer une interprétation personnelle (ijtihâd) sur un point de droit dans l’Islam. Peu de savants ont atteints ce niveau, on compte parmi eux des Imam comme Abou Hanifa, Malik ibn Anas, Ahmad ibn Hanbal, ash-Shafé’i. On estime qu’aujourd’hui il n’existe pas de savants Mujtahid, c’est pourquoi les ‘Ulamas des écoles se réunissent en comité afin de réunir leurs compétences pour étudier les questions nouvelles.

[14] C’est-à-dire les écoles Malikite, Shafé’ite, Hanafite et Hanbalite. Bien entendu suivre l’une de ces 4 écoles est sans nul doute LE meilleur moyen de suivre le Coran et la Sunna.

[15] Qour’an – 48/10 : « La Main de Dieu est au-dessus des leurs »
[16] Qour’an – 3/105
[17] Muslim 3/1343

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