15 ans après, la cité bosniaque rendait hommage à ses martyrs, en attendant que soit retrouvé et jugé le responsable, qui court toujours, Ratko Mladic.
AFP/Dimitar Dilkoff
Les cercueils de 775 victimes du massacre de Srebenica de 1995, le 10 juillet 2010, à la veille d'être enterrés dans le centre
mémorial de Potocari, en Bosnie
Des dizaines de milliers de personnes ont participé ce dimanche à la commémoration du 15e anniversaire du massacre de
Srebrenica, l'occasion pour Barack Obama, et pour d'autres dirigeants, d'appeler à l'arrestation de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic. Dans un
message lu devant la foule, il a qualifié le massacre de "tache sur notre conscience collective".
Dans un autre message, le Premier ministre britannique David Cameron a assuré que les responsables du massacre seraient
"poursuivis sans relâche jusqu'à ce qu'ils comparaissent devant la justice".
"Que la justice arrête surtout le général Mladic", a lancé le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner,
présent à Srebrenica.
De même, plusieurs personnalités étrangères avaient fait le déplacement, dont le chef de l'Etat serbe Boris Tadic. Le président
serbe a expliqué sa présence à Srebrenica comme "un acte de réconciliation et de construction de passerelles entre les nations de l'ancien Etat" yougoslave.
Après des années en Serbie de déni du massacre, le Parlement serbe a adopté en mars une résolution condamnant
Srebrenica.
Mais dans un geste de défiance, Radovan Karadzic, le chef politique des Serbes bosniaques pendant la guerre de 1992-1995, jugé
pour génocide par la justice internationale, a été décoré par son parti, à la veille de la commémoration.
AFP/Dimitar Dilkoff
Arrivée de cercueils des victimes du massacre, ce dimanche.
Survenu en juillet 1995, le génocide de Srebrenica, selon les termes de la justice internationale, a coûté la vie à quelque 8000
musulmans bosniaques, le massacre le plus sanglant commis en Europe depuis la seconde guerre mondiale.
Les cérémonies, civile et religieuse, ont débuté en fin de matinée. Les cercueils des restes de 775 victimes recouverts d'un tissu vert, la couleur de l'islam, ont été portés en terre dans l'après-midi au centre mémorial de Potocari, près de Srebrenica, dans l'est de la Bosnie.
A ce jour, près de 6500 victimes ont été identifiées par des tests ADN. 3749 d'entre elles sont déjà enterrées à Potocari.
Ratko Mladic a été inculpé de génocide par la justice internationale, en particulier pour le massacre de Srebrenica, mais il
reste introuvable. Il pourrait se cacher en Serbie et Belgrade assure tout faire pour le retrouver.
AFP/Elvis Barukcic
Le président serbe Boris Tadic (c) lors de la commémoration du massacre de Srebenica, le 11 juin 2010 au mémorial de
Potocari
Dans la foule, il y avait de nombreux proches des disparus, toujours hantés par ces journées durant lesquelles les forces serbes
bosniaques se sont emparées de l'enclave musulmane de Srebrenica, pourtant sous protection de l'ONU.
Hatidza Mehmedovic enterrait dimanche son mari Abdulah et ses deux fils Almir et Azmir, agés de 17 et 20 ans à l'époque.
"Je ne pouvais pas croire que quelqu'un ait été capable de commettre un tel crime", déclare cette femme, qui se rappelle avoir attendu pendant des jours l'arrivée des siens. En vain.
Ramiza Gurdic, une mère de Srebrenica âgée de 63 ans, a perdu aussi ses deux fils et son mari. "Comment oublier, comment
pardonner ' J'y pense tous les jours. Je pense à eux quand je vois un garçon qui leur ressemble, quand je vois dans un magasin une mère qui achète des vêtements pour ses
enfants".
Source : Lexpress.fr
















